Belgique

Les procureurs généraux de Mons et de Liège, Ignacio de la Serna et Christian De Valkeneer, ainsi que la juge d'instruction en charge de l'enquête sur les Tueurs du Brabant, Martine Michel, et une représentante du parquet fédéral ont fait le point lundi sur ce dossier avec les victimes au cabinet du ministre de la Justice. 

Il n'y a pas de nouveaux éléments apparus depuis les révélations sur Christiaan Bonkoffsky, a indiqué M. de la Serna, mais les enquêteurs essaient de reconstituer le réseau de cet ancien gendarme, membre de l'escadron Diane avant d'être envoyé à Alost.

"Il y a des noms connus, déjà dans le dossier, et aussi d'autres noms", a ajouté le procureur-général.

Certaines de ces personnes sont en vie, d'autres décédées. M. de la Serna n'a pas voulu donner de détail sur ces noms, notamment afin de savoir si ceux des ex-gendarmes Madani Bouhouche et Robert Beijer en font partie.

A la suite des révélations sur Christiaan Bonkoffsky, les enquêteurs ont reçu quelque 600 informations qu'ils s'affairent aujourd'hui à trier. Un quart d'entre elles sont fantaisistes, les autres méritent d'être examinées plus en détail. Le premier travail de la cellule d'enquête consiste à vérifier si elles n'étaient pas déjà connues et si elles n'ont pas déjà fait l'objet de devoirs d'enquête.

L'instruction n'est pas close. Les victimes qui ne se sont pas encore constituées parties civiles et/ou fait appel au Fonds d'aides aux victimes peuvent toujours se faire connaître, a rappelé Koen Geens. Le ministre s'est par ailleurs engagé à proposer au parlement d'élargir l'une des recommandations de la commission d'enquête sur le terrorisme, en l'occurrence permettre aux victimes des Tueurs du Brabant d'être assimilées à des victimes de terrorisme et bénéficier d'une aide juridique gratuite.

Quinze personnes sont aujourd'hui affectées à la cellule d'enquête: 10 policiers et 5 enquêteurs issus du comité P puisque la piste d'anciens gendarmes est explorée, sans compter le renfort du parquet fédéral. Le regret du temps perdu semble toutefois animer encore certaines victimes.

Dans les années 1990, le dossier de la tuerie d'Alost a été envoyé du parquet de Termonde au parquet de Nivelles avant d'atterrir à Charleroi avec les autres dossiers relatifs aux Tueurs du Brabant.

"J'ai l'impression que le transfert du dossier vers la Belgique francophone a cassé la confiance des Flamands. On n'aurait jamais dû transférer le dossier et cela fait 30 ans que je me demande pourquoi on l'a fait", a souligné Jef Vermassen, avocat de David Van de Steen, une des victimes d'Alost.

L'avocat a invoqué les 600 informations reçues par les enquêteurs. "On peut se demander ce que l'on n'a pas osé faire. Nous, en tout cas, nous continuerons à agir", a-t-il dit.