Belgique Le décès a été provoqué suite à l’inhalation d’une bactérie provenant de déjections de pigeons qui prolifèrent dans un quartier anderlechtois.

Les faits survenus l’été dernier sont dramatiques. En mai dernier, un Anderlechtois de 57 ans a été atteint de symptômes grippaux qui se sont avérés, après analyses cliniques, être provoqués par l’inhalation d’une bactérie, appelée Chamydia psittaci, provenant de déjections de pigeons.

"Son état grippal s’est aggravé et a provoqué une réaction du système immunitaire au niveau des poumons. En moins d’une semaine, l’infection s’est aggravée, entraînant une pneumonie aiguë. Malgré les meilleurs soins qui lui ont été prodigués à l’hôpital Delta en Région bruxelloise, il est décédé trois semaines plus tard, le 23 juin 2018. Les raisons de ce décès, l’incompréhension et l’émoi provoqué dans le quartier engendrent une inquiétude quant aux risques sanitaires", explique Marc, un voisin et ami de la victime.

© D.R.
 La victime vivait dans le quartier Scheut, dans la commune d’Anderlecht. Selon nos informations, au moins trois autres riverains ont été contaminés après avoir inhalé une bactérie de déjection de pigeon. Deux d’entres eux sont sains et saufs, tandis qu’un autre s’en est sorti mais avec des séquelles à vie.

Du côté des riverains, on déplore la prolifération des pigeons dans ce quartier densément peuplé. "Malgré l’intervention du service de l’environnement de la commune d’Anderlecht par la fourniture d’une cage de capture d’oiseaux, la fermeture d’un accès dans une toiture chez un voisin, la destruction d’un nid chez un autre voisin, force est de constater que nous sommes envahis de pigeons dans l’îlot formé par la rue de la Laiterie, la chaussée de Ninove, l’avenue des Missionnaires, l’avenue des Ménestrels, le boulevard Edmond Machtens et la rue de Dilbeek", déplore un riverain.

Ce phénomène n’est pas propre au quartier Scheut mais est vécu dans l’ensemble de la Région bruxelloise. "Un grand nombre de ces pigeons sont malades, boitent, ont des yeux infectés et cette situation nous dérange et nous inquiète. S’il est important de prendre des mesures quant au bien-être animal, il est encore beaucoup plus important de prendre des mesures pour le bien-être humain et protéger sanitairement la population contre les infections provoquées par les déjections d’oiseaux, dues à un nombre anormalement élevé de ces volatiles dans les zones urbaines", explique-t-il.

Les riverains ne demandent pas d’éradiquer purement et simplement tous les pigeons, mais bien de réguler drastiquement leur population afin de limiter les risques de transmissions de maladies à l’homme. "Malgré qu’il s’agisse d’une compétence communale, nous avons averti Bruxelles Environnement de cette situation afin que des mesures soient prises au niveau des 19 communes de Bruxelles. Il convient d’établir des mesures concrètes de lutte contre cette invasion et la prolifération des pigeons. L’engagement pour la protection de la santé de la population bruxelloise ne peut souffrir d’aucune ambiguïté. Si les autorités savent prendre des mesures de dératisation et autres pour éviter des propagations de maladies, ils peuvent le faire également pour les pigeons", conclut Marc.

Averti par cette situation, le député bruxellois Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) a interpellé les autorités régionales afin que des mesures soient prises pour éviter que pareille situation ne se reproduise à l’avenir.