Belgique Une enquête qui n’a pas abouti a eu lieu en 2014. Un article du Telegraaf ravive les soupçons.

Le château de la Motte-en-Gée à Tihange (Huy) a-t-il servi de terrain d’entraînement à des personnes radicalisées qui fréquentaient la mosquée Al-Houda à Geleen aux Pays-Bas ? C’est la question qui sera posée mardi au conseil communal de Huy par Grégory Vidal (PourHuy), un conseiller de l’opposition intrigué par un mail qui a été envoyé par l’ancien propriétaire du site au collège et à plusieurs conseillers communaux.

Dans ce mail se trouvait un lien vers un article plutôt interpellant. "On n’est pas très loin de la centrale nucléaire à cet endroit et on peut lire que des salafistes sont venus s’entraîner chez nous", explique le conseiller.

Dans cet article du journal néerlandais De Telegraaf, on apprend qu’il y a plus d’un mois, une perquisition a été menée dans la mosquée Al-Houda et qu’une arme airsoft ressemblant à un véritable fusil de guerre a été découverte dans un conteneur. Une telle arme factice ne peut être détenue sans autorisation aux Pays-Bas. En Belgique, ce n’est pas le cas. Il est donc plus facile pour les détenteurs d’airsoft d’y trouver des sites où mimer des scènes d’assaut ou de guerre.

Dans cet article du 15 mars, le Telegraaf dévoile que six membres de cette mosquée se sont entraînés à l’airsoft sur le site du château tihangeois en 2014. "En 2014, il y aurait eu un groupe de Hollandais qui a fréquenté le site. À l’époque, la PJ a mené une enquête mais elle n’a mené à rien", explique le député-bourgmestre de Huy Christophe Collignon. "Le château a été utilisé pour le tir. Ce n’est plus le cas depuis un an et demi. Actuellement, il arrive à la police de l’utiliser pour des techniques d’intervention".

Le Telegraaf relate aussi que les six Hollandais semblaient essayer d’apprécier la distance qui les séparait du site nucléaire tihangeois.

"Je ne suis pas inquiet car on a la certitude qu’il n’y a plus d’activité sur le site. Je n’y autoriserai d’ailleurs plus d’activité de ce type. Cependant, je ne prends pas les informations que l’on me donne à la légère. Je ne suis pas un naïf. On vit dans un monde compliqué. Il est possible qu’il y ait quelque chose", conclut Christophe Collignon.