Belgique

Le spectre du plombier polonais est-il en train de refaire surface ? La semaine passée, plusieurs chefs d’État de pays d’Europe de l’Ouest annonçaient vouloir prendre des mesures pour lutter contre le dumping social.

Alors qu’au 1er janvier prochain, Roumains et Bulgares pourront aller travailler partout où ils le souhaitent en Europe, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et la Belgique entendent préserver l’emploi national en entravant l’arrivée de cette main-d’œuvre venant de l’Est, jugée déloyale car soumise à une pression fiscale bien moindre. Pis, dans certains pays de l’Est, le salaire moyen ou minimum est trop faible pour que des pays comme la Belgique, la France, l’Allemagne, etc., puissent lutter à armes égales.

En publiant une enquête sur l’origine des travailleurs indépendants, le Syndicat neutre des indépendants ne dit pas autre chose. D’après les chiffres que le SNI a obtenus auprès de l’Institut national d’assurance sociale pour travailleurs indépendants (Inasti), "ce sont surtout les Européens de l’Est qui se lancent comme indépendants dans notre pays".

De fait, en 2012, 93.214 indépendants ont entamé une activité en Belgique. Parmi eux, 17.909 venaient de l’étranger. Soit environ un sur cinq (19 % exactement). Les plus motivés à ouvrir leur activité en Belgique sont les Roumains, puis les Bulgares et les Polonais. Viennent ensuite les Hollandais, les Français puis les Italiens.

La nationalité des indépendants développant une activité en Belgique importe peu. Ce qui inquiète surtout le SNI, c’est la faible résistance de ces travailleurs indépendants venant de l’étranger. "C’est positif de constater l’esprit d’entreprise des étrangers. Mais ce qui est inquiétant, c’est que ces indépendants étrangers décrochent plus vite que les nouveaux indépendants belges", commente le Syndicat neutre pour indépendants.

De fait, dans l’année même de démarrage d’une activité, 13,5 % des indépendants étrangers abandonnent leur activité. En comparaison, les starters belges qui mettent un terme à leur activité dans l’année de démarrage ne sont que 4 %.