Un indépendant travaille 53 heures par semaine !

Antoine Clevers Publié le - Mis à jour le

Belgique

Et même 57 pour un patron de PME. La ministre Laruelle va s’attaquer au risque de burn-out de ces travailleurs

BRUXELLES Sabine Laruelle (MR), ministre des Classes moyennes, nous résume parfaitement le problème. “Il est compliqué de dire à un indépendant ou à un patron de PME de moins travailler, même si c’est bénéfique pour sa santé, parce que, dans ce cas, il risque de perdre des clients et de mettre son activité en difficulté.”

Il y a pourtant urgence. Selon des données des SPF Économie et Santé publique relayées hier par la ministre en commission de la Chambre, un indépendant travaille en moyenne 53 heures par semaine ! Le chiffre monte même à 57 heures pour un patron de PME. À titre de comparaison, “moins de 3 % des salariés prestent plus de 50 heures par semaine” … Un contrat de salarié classique impose, pour rappel, 38 heures de boulot par semaine.

Le déséquilibre entre les statuts est flagrant. Mais ce sont surtout les conséquences pour la santé d’un tel rythme de travail qui inquiètent : risques de burn-out (épuisement), stress excessif, surmenage, etc.

“Les longues heures de travail sont reconnues comme un facteur de risque psychosocial par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail”, expliquait hier Sabine Laruelle en commission. “En premier lieu, cela augmente les risques d’accidents […] en particulier (chez) les agriculteurs et les artisans.”

À cela s’ajoutent les “risques cardio-vasculaires et des difficultés quant à l’articulation entre vie privée et vie professionnelle” .

Malgré tout, l’absentéisme est nettement plus faible chez les indépendants (8,2 %) que chez les salariés (20 %)… Paradoxal.

Mais Mme Laruelle nuance : “L’état de santé seul n’explique probablement pas ces différences. La crainte de perdre son travail, la pression financière ou celle de la clientèle peuvent être autant de facteurs dissuasifs de déclaration des arrêts de travail pour le travailleur indépendant.”

La ministre va saisir le Conseil supérieur des indépendants et des PME afin d’objectiver les chiffres. “Et je vais lui demander de formuler des propositions concrètes” pour s’attaquer à ce problème ô combien complexe, nous a-t-elle encore précisé.

Enfin, elle rappelle que le gouvernement a adopté (ou va adopter) toute une série de mesures visant à “améliorer le statut social des indépendants et à renforcer leur filet de sécurité” .

Elle cite notamment l’aide à domicile pour l’indépendante qui accouche, le congé parental, le statut du conjoint aidant, le rééquilibrage des relations avec les banques, les aides en cas de faillite, etc. Autant de mesures qui jouent, elles aussi, sur le stress du travailleur indépendant.



© La Dernière Heure 2012
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