Belgique

BRUXELLES Ce n'était plus arrivé depuis longtemps que la Belgique hérite d'un chef du gouvernement qui soit catholique pratiquant. Si les Premiers ministres issus du CVP, de Tindemans à Leterme en passant par Dehaene n'ont jamais renié leur foi chrétienne, ils la revendiquaient davantage comme faisant partie de leur éducation sans se distinguer par leur assiduité religieuse.

Dans ce contexte, Herman Van Rompuy sort du lot. Pas seulement par son allure austère - les apparences peuvent tromper - mais parce qu'il proclame haut et fort sa foi chrétienne et tient en haute estime l'éducation qu'il a reçue des pères jésuites.

D'ailleurs, son CV mentionne que, outre une licence en sciences économiques, il est bachelier en philosophie thomiste.

Qu'est-ce à dire ? Le thomisme fait référence aux travaux de saint Thomas d'Aquin, moine dominicain qui vécut au XIIIe siècle. Une époque où la croyance en Dieu ne se discutait pas tant elle était généralisée. Malgré tout, le religieux faisait appel à la raison pour démontrer l'existence d'un être suprême. Sa philosophie, parfois très librement adaptée, rencontra de nombreux disciples et fut reconnue des siècles plus tard comme doctrine de l'Église.

L'un de ses plus fervents propagateurs en Belgique fut le cardinal Mercier qui la professa à Louvain au début du XXe siècle. Un peu tôt pour avoir Herman Van Rompuy comme élève mais son enseignement marqua sensiblement les élites flamandes.

Aujourd'hui, le thomisme subit le désintérêt général qui frappe la pratique religieuse.



© La Dernière Heure 2008