Belgique

Devenue belge, elle a gardé la nationalité et bénéficié des avantages


BRUXELLES Officiellement chômeuse, cette femme de 49 ans, née à Tanger, arrivée en Belgique en 1964, d’un père ouvrier de voirie, quatre frères et sœurs, apparaît comme la tête pensante, l’égérie du réseau djihad en guerre sainte contre l’Occident démantelé à Bruxelles.

Ces derniers mois, ceux qui cherchaient à l’interviewer devaient d’abord débourser 10.000 €, ensuite s’engager à reproduire sa logorrhée : les mêmes messages de haine qu’elle répand aussi sur le Net, sous le nom d’Oum Obeyda.

Malika El Aroud a également publié un livre aux éditions La lanterne, Les Soldats de Lumière, préfacé par le converti Jean-François Bastin.

2008 enfin a vu la presse internationale s’intéresser à elle, avec des reportages publiés par Le Monde, le New York Times et l’International Herald Tribune, le 27 mai. Si en rue à Bruxelles, Malika porte le voile strict, pas loin de la burka, elle reçoit, chez elle, en tee-shirt, pantalon noir et paire de pantoufles avec inscrit en lettres d’or : SEXY.

Dans son livre, Malika se présente comme “petite-fille, épouse, sœur de moudjahidin”. C’est au CIB, un centre intégriste qui défraya la chronique des années 1980 pour célébrer des mariages à l’insu des autorités belges, qu’elle épousa le Tunisien Abd Es-Satar Dahmane : célèbre pour avoir assassiné Massoud deux jours avant les attentats du 11 septembre, sur ordre de Ben Laden, avant d’être abattu par la garde du Lion du Panshir.

Fin 2001, Malika El Aroud en difficulté au Pakistan bénéficiait comme belge de l’aide de l’ambassade de Belgique à Karachi.

Jugée en 2003 avec Trabelsi et 22 autres, elle est acquittée “à regret” : une démocratie ne peut condamner pour des opinions.

Avec son nouveau mari, le Tunisien Moez Garsallaoui, le couple s’installe en Suisse où il est vite repéré, arrêté et Malika condamnée à 6 mois pour avoir tenu un site de propagande pro- al-Qaida montrant des malheureux se faisant décapiter.

Vers l’été 2006, Malika de retour à Bruxelles, y inscrite à l’Orbem et au CPAS, reste très évasive sur les activités de son nouveau mari. Elle recrutait ici, il organisait là-bas des séjours de desperados belges candidats kamikazes à l’attentat suicide en Europe, peut-être à Bruxelles.

© La Dernière Heure 2008