Belgique Arthur Langerman réunit caricatures et affiches pour comprendre ce qui a mené au génocide.

C’est en 1961, lors du procès Eichmann, qu’Arthur Langerman prend conscience de l’horreur des camps de concentration qui ont eu court pendant la Seconde Guerre mondiale. "À la fin de la guerre, le drame de l’Holocauste n’est pas apparu directement", affirme Stéphane Grimaldi, directeur du Mémorial de Caen. "Sauf exception, l’opinion publique n’en a pas pris conscience. Il faut attendre ce procès, 16 ans après la fin de la guerre, qui sert de révélateur."

C’est alors qu’Arthur Langerman, découvrant l’horreur, se demande : "Qu’est ce que les Juifs ont fait de mal pour mériter un sort pareil." En quête de sens, il a besoin de comprendre le processus qui a amené à cette extermination de masse.

À l’époque, Arthur Langerman, collectionneur par nature, faisait les marchés aux puces. "J’ai vu des images antisémites. Ça m’a interpellé, donc j’ai commencé à acheter. Parfois les gens ne savaient pas eux-mêmes ce qu’ils vendaient. Au fil du temps, j’ai compris que c’est surtout la peur qui a engendré l’antisémitisme et aussi l’ignorance. La plupart des gens ne savent pas ce que c’est un Juif. Ils en ont entendu parler dans les médias, à la radio ou dans la littérature. Il y a 14 millions de juifs sur terre. Et en Belgique, il y en a 35.000. Les gens s’imaginent qu’on est beaucoup plus nombreux et qu’on représente un danger."

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