Belgique Le projet de constitution wallonne porté par des députés PS n'a pas reçu un accueil chaleureux

NAMUR Le cdH, Ecolo et le MR n'ont pas manifesté beaucoup d'enthousiasme jeudi à l'égard du projet de Constitution wallonne déposé par 6 députés socialistes. Les trois partis regrettent la rupture entre les Francophones qu'implique ce texte. A leurs yeux, la priorité réside dans le redressement économique de la Région wallonne.

Le cdH estime que le débat insitutionnel n'est pas la priorité du moment. Il met également en avant les dangers d'une telle initiative.
»Il ne doit y avoir dans un Etat qu'une seule Constitution, la Constitution nationale. Une telle initiative wallonne, en mimétisme de l'initiative flamande condamnée par les francophones, ne peut que déforcer leur position en perspective des nouvelles discussions institutionnelles réclamées par les partis flamands », ont dit les centristes dans un communiqué.

Le projet est aussi, selon eux, inadéquat pour les francophones.
»L'idée d'une Constitution wallonne cautionne implicitement une rupture au sein des francophones alors que l'heure devrait être à la cohésion entre Wallons et Bruxellois », ont-ils souligné.

«C'est d'emplois dont la Wallonie a besoin, pas de littérature constitutionnelle », a fait remarquer le chef de groupe MR au parlement wallon, Serge Kubla.

M. Kubla craint aussi que cette proposition cautionne la démarche de Constitution flamande lancée au nord du pays qui, dit-il, sera beaucoup plus musclée. Il déplore également un projet de texte fondamental qui divise les francophones plutôt que de les rassembler.

Les Verts sont du même avis. «Ce n'est pas cela qu'il nous faut pour le moment. La priorité, c'est le redressement économique et social de la Wallonie, et la réforme de sa gouvernance. Cette initiative ressemble plutôt à de la diversion. Je ne crois pas qu'elle va faire remonter le PIB wallon », a lancé le député wallon Marcel Cheron.

Ecolo préfère favoriser une stratégie commune francophone et bi-régionale. Les Verts avaient déjà regretté l'absence de lien avec Bruxelles dans le plan Marshall, a rappelé M. Cheron.