Belgique Des salaires nets plus hauts, moins de charges d’entreprises, le tout compensé par une hausse de la TVA, propose Bouchez.

Le Danemark l’a déjà adopté en 1987, et l’Allemagne en 2007, selon des modalités différentes : l’idée d’appliquer une TVA sociale n’est pas neuve.

Elle revient cependant en Belgique, par l’intermédiaire de Georges-Louis Bouchez, délégué général du MR. L’agitateur d’idées en titre du MR l’a développée dans son livre L’aurore d’un monde nouveau, publié l’an dernier. Cette mesure, peu populaire à gauche, figure parmi les pistes étudiées par le centre Jean Gol en vue du prochain programme électoral du MR.

Mais de quoi parle-t-on au juste ? Les modalités peuvent varier fortement, tout comme les priorités fixées. En schématisant à l’extrême, il s’agit de diminuer les cotisations sociales (donc d’augmenter de facto le salaire poche des travailleurs), mais aussi de baisser les charges patronales. Revers de la médaille : pour compenser cette perte de revenus pour les finances publiques, la TVA est augmentée sur certains biens.

En résumé, votre bière coûte par exemple 2 € au lieu d’1,5 €. Mais votre salaire net est plus élevé. Votre patron paye par ailleurs moins de charges patronales. Ce qui l’encouragerait à engager de nouveaux collaborateurs. Donc à faire baisser le chômage.

"On n’augmenterait pas cette TVA sur des biens de première nécessité, comme l’eau ou l’électricité. Mais bien sur des achats moins réguliers, comme par exemple l’électronique ou les produits de luxe : une télévision, ou un sèche-linge", lance Georges-Louis Bouchez. "Le Danemark a fait ce pari : leur chômage était alors de 12 %. Il est retombé à 5 %. Pour éviter que les pays ne se fassent concurrence l’un et l’autre, cette TVA sociale devrait être négociée au niveau européen. Cela permettrait de financer notre sécurité sociale par la relance économique, et par l’emploi."

L’intérêt de la mesure réside surtout dans la baisse qu’elle occasionne pour les coûts de production des entreprises locales. "Cela favorisera les biens produits en Belgique. Et par ricochet, les prix payés sur le marché par le consommateur. Tout cela, en respectant les règles de la libre concurrence de l’OMC", reprend le Montois. "En clair, la TVA est la même pour les produits belges et étrangers. Mais la manière dont elle pèserait sur l’entreprise serait plus pénalisante pour les structures étrangères et les produits importés. Cela encouragerait même les entreprises qui ont délocalisé à revenir en Belgique. On réaliserait par des actions concrètes le ‘achetez wallon’ que claironnent certains ministres."

Une mesure au parfum protectionniste ? "Actuellement, vouloir rivaliser avec des pays qui ne respectent pas les normes minimales ne relève pas du libéralisme, mais de la folie", tonne le Montois. "Nous jouons un match de foot avec des adversaires qui peuvent faire des tacles par-derrière et qui ne doivent pas respecter la règle du hors-jeu. Le mécanisme de la TVA sociale permet de rééquilibrer la concurrence à jeu égal."