Belgique

Les enseignants de l'enseignement maternel, primaire, secondaire, professionnel et spécial sont tous sur la liste des métiers pénibles dans la fonction publique, à en croire une liste diffusée jeudi par les syndicats.

Ceux de l'enseignement supérieur n'en font par contre pas partie. La liste en question spécifie le degré de pénibilité sur une échelle allant de 1 à 4. Au sein des entreprises publiques, on retrouve ainsi les facteurs (degré 2) et les trieurs de nuit (2) pour la poste, les éboueurs chargés de la collecte des déchets ménagers (3), les chauffeurs de bus et de trams (2) ou encore les travailleurs de Belgocontrol "qui assurent directement et effectivement le contrôle du trafic aérien" (4).

Pour la SNCB et Infrabel, de nombreux métiers figurent sur la liste: personnel roulant (3), personnel non roulant (degré non spécifié), agents de triage, de maintenance, entretien des lignes (2), agents de sécurité de Securail (3), poseurs de voies et personnel de caténaire (3), personnel d'entretien technique (2), des cabines de signalisation (3) et de gare (2).

Dans le département de la sécurité apparaissent entre autres les militaires (4), le service de sécurité militaire (3), les policiers (4), les pompiers professionnels "participant directement à la lutte contre le feu" (4), le personnel opérationnel de la protection civile (3) et les opérateurs téléphoniques du 112 (2). Mais également les agents pénitentiaires (3) et ceux de sécurité (1) et les enseignants dans les établissements pénitentiaires ou dans les institutions d'aide à la jeunesse (2) pour la justice.

Dans le secteur de la santé, on retrouve les infirmiers (3) et le personnel soignant (3) "des hôpitaux, centres de soins et autres institutions reconnus par les pouvoirs publics" et les ambulanciers (3).

A noter encore la présence du personnel pédagogique et d'encadrement dans le domaine de l'assistance à la jeunesse et les institutions communautaires (2), de celui des centres fermés (3) et des puéricultrices et du personnel d'encadrement pour l'accueil d'enfants (2).

Les enseignants de l'enseignement maternel (2), primaire (1), secondaire (1), professionnel (2) et spécial (2) sont donc sur la liste, au contraire de ceux du supérieur.

Y figurent enfin des professions comme les douaniers dans les aéroports et ports (2), les ouvriers forestiers (1), le personnel navigant (2), les lamaneurs ou "pilotes de navire" (4), les contrôleurs du trafic maritime (4) ou le personnel qui travaille à grande hauteur, sur des lignes à haute tension, qui escalade les pylônes ou qui entretient le réseau de distribution de l'eau (1).

La CSC-Enseignement "pas totalement satisfaite" du compromis

La CSC-Enseignement s'est montrée mitigée jeudi, au lendemain de l'accord intervenu entre les syndicats de la fonction publique et le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine sur la liste des métiers considérés comme pénibles. Selon la grille arrêtée, les enseignants du maternel, du professionnel et de l'enseignement spécialisé bénéficieront de deux critères de pénibilité, tandis que leurs collègues du primaire et du secondaire n'en auront qu'un seul.

"Nous ne sommes pas totalement satisfaits", réagit Eugène Ernst, le secrétaire général de la CSC-Enseignement, qui aurait espéré une meilleure prise en compte de certaines spécificités.

"Néanmoins, plus de 70% du personnel enseignant est repris dans les critères de pénibilité", souligne-t-il. "Cela permettra d'atténuer les mesures précédentes prises par le gouvernement" (telle que la fin de la bonification des années d'études par exemple, ndlr).

Interrogé sur la différence de traitement réservée aux enseignants du primaire et du secondaire par rapport à leurs collègues du maternel ou du professionnel, le patron de la CSC-Enseignement estime que "la rationalité d'un compromis est toujours difficile à estimer".

"Le compromis est souvent jugé satisfaisant par ceux qui en bénéficient, et insatisfaisant par ceux qui n'en bénéficient pas...".

Selon le plan sur la table, à carrière complète, les enseignants du maternel, du professionnel et de l'enseignement spécialisé pourront prendre leur pension avec quatre années d'avance, soit à partir de 60 ans.

Dans le primaire et le secondaire, les profs devront toutefois attendre d'avoir au moins entre 61 et 63 ans.

Le monde enseignant conserve toutefois son régime particulier de fins de carrière (appelé DPPR dans le jargon), négocié non avec le fédéral, mais avec la Fédération Wallonie-Bruxelles qui le finance.

Le mécanisme offre aux profs la possibilité, dès 55 ans, de travailler à 4/5e temps, tiers-temps voire à mi-temps. Ils peuvent même bénéficier d'une DPPR à plein temps à partir de 58 ans.

Le régime fait toutefois partie d'un accord renégocié tous les deux ans entre les syndicats et le gouvernement de la Fédération.