Belgique

La RTBF a pu lire la lettre que l'avocat de Marc Dutroux a envoyée aux parents des victimes.

Dans cet écrit, Bruno Dayez s'adresse aux victimes, à leurs familles et s'épanche sur différents sujets.

Panser les blessures

"Il ne s’agit nullement de polémiquer, ni de raviver les plaies, mais de contribuer, fût-ce dans une très modeste proportion, à les cicatriser ", écrit Bruno Dayez dans cette lettre. 

"22 ans se sont écoulés depuis l’arrestation de M. Dutroux, et cependant, jusqu’à ce jour, (..), chacun a dû rester emmuré dans sa douleur et son silence, toute forme de communication quelconque semblant inconcevable. Je n’imagine évidemment pas que l’on fraternise : je ne suis ni naïf, ni provocant ", poursuit l'avocat.

Dutroux est prêt à répondre aux questions

L'avocat de Marc Dutroux écrit que son client est prêt à communiquer avec les victimes et leurs familles. 

" Je vous confirme que M. Dutroux m’a assuré qu’il ne cherchera plus jamais à vous contacter d’initiative, mais qu’il est prêt à vous répondre si vous vouliez l’interpeller", écrit-il encore.

Selon l'avocat, certaines réponses de Dutroux pourraient peut-être atténuer leur douleur. Dans cette lettre, il évoque aussi le procès d'Arlon. C'est là que l’affaire a été jugée en 2004: " Un procès qui n’a pas livré de réponse à toutes les questions, " dit Bruno Dayez.

Me Georges-Henri Beauthier n'apprécie pas le "ton sirupeux" de la lettre

Mais selon Me Georges-Henri Beauthier, l'avocat de Laetitia Delhez et de Jean-Denis Lejeune, Marc Dutroux cherche par cette lettre à manipuler les victimes: ''C’est un argument de procédure pour préparer le tribunal d’application des peines, explique Georges-Henri Beauthier. Je voudrais que ce type de discussion ait lieu devant le tribunal et non pas sur la place publique. Je n’aime pas le ton sirupeux de cette lettre."

Ce courrier entre dans le cadre d'une future demande de libération conditionnelle pour Marc Dutroux, condamné à la réclusion à perpétuité en 2004 pour assassinats, viols, enlèvements, tortures et séquestration. "Toute libération conditionnelle en Belgique suppose que l'on satisfasse quatre exigences", a souligné Me Dayez. 

Soit être suffisamment puni, faire preuve d'amendement, ne pas présenter un danger social et pouvoir se reclasser. "Nous en sommes à la deuxième étape", a glissé Maître Dayez qui estime que son client, âgé de 61 ans et incarcéré depuis 22 ans, a bien été suffisamment puni.