Economie

Lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire organisé vendredi matin, les syndicats et direction de Carrefour Belgique ont signé le protocole d'accord social concernant la restructuration de l'enseigne. Le nombre d'emplois supprimés est réduit à 950, au lieu des 1.233 évoqués depuis le mois de janvier. Quatre formules de départ volontaires seront proposées aux travailleurs afin d'éviter tout licenciement sec : prépension, départs volontaires, mutations internes et crédit-temps de fin de carrière.

Cet accord social, obtenu après quatre mois de négociations, a repris l'option de la prépension (RCC) à partir de 56 ans et sur base volontaire, bien qu'aucune décision politique à ce sujet n'a encore été prise (lire ci-dessous). "On espère une décision politique de bon sens et rapide car, si le RCC à 56 ans n'est pas accepté, il faudra tout renégocier, sans compter qu'il y aura autant d'emplois supprimés. Ni la direction ni les organisations syndicales ne veulent recommencer tout ce processus", indique Tom Van Droogenbroeck, permanent CGSLB Commerce.

L'accord va être transcrit en convention collective de travail pour lui garantir une identité juridique. Il sera ensuite envoyé au ministre fédéral de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V).

A sein de l'entreprise, place désormais à des séances d'information au personnel, afin de dénombrer les employés volontaires pour un départ.

Charles Michel appelle à la sérénité

Le Premier ministre, Charles Michel (MR), a appelé vendredi à la sérénité des discussions politiques à propos de la restructuration de Carrefour. Kris Peeters, organisera une réunion de concertation avec ses homologues des trois Régions.

"J'appelle à ce que chacun, avec sérénité, autour de la table, expose son interprétation juridique et pas au travers de déclarations dans la presse", a dit M. Michel à l'issue du conseil des ministres.

La nouvelle réglementation sur le régime de chômage avec complément d'entreprise (RCC) s'applique pour la première fois sur l'ensemble du territoire, c'est-à-dire en incluant donc les trois Régions. Le ministre flamand de l'Emploi, Philippe Muyters (N-VA), a répété qu'il ne donnerait pas son accord à des RCC à 56 ans, comme le prévoit le plan de restructuration de Carrefour. Les conséquences de ce refus demeurent obscures, les Régions n'étant compétentes que pour la remise à l'emploi des chômeurs.

Didier Gosuin approuvera le plan d'outplacement en cas d'accord au CE

Le ministre bruxellois de l'Emploi, Didier Gosuin (Défi) marquera son accord, au nom de la Région bruxelloise, sur le plan d'outplacement suite à l'accord signé lors du conseil d'entreprise extraordinaire entre les syndicats et la direction de Carrefour, et sous réserve d'approbation par le ministre fédéral de l'Emploi des départs en RCC, a-t-il indiqué vendredi, en fin de matinée.

Les Régions sont compétentes en matière d'outplacement

Selon le ministre bruxellois de l'Emploi, dès réception de cette offre, Actiris, l'office bruxellois de l'emploi, travaillera à mettre en œuvre les propositions envisagées afin de garantir un accompagnement de qualité aux personnes licenciées.

"Cet accord est le fruit de la concertation sociale et il est de notre devoir de le préserver. Pour rappel, les solutions envisagées par les partenaires sociaux dans le dossier Carrefour sont des solutions légales. On ne peut changer les règles du jeu en cours de route. Je ne serai donc pas l'otage de mauvais jeux politiciens", a déclaré Didier Gosuin, faisant allusion à la remise en cause de la prépension à 56 ans pour les travailleurs de Carrefour par le ministre flamand de l'Emploi Philippe Muyters et son parti (N-VA), ainsi que par l'Open Vld. Le ministre fédéral de l'Emploi Kris Peeters a assuré jeudi à la Chambre qu'il respecterait la loi.