Economie

L'industrie technologique belge, qui emploie 300.000 personnes, prévoit une réduction brute de l'emploi de 3,3% d'ici la fin de l'année


BRUXELLES C'est ce qu'a annoncé mercredi Agoria, qui a réclamé du gouvernement qu'il prenne des mesures pour adoucir les effets de la crise, comme l'introduction du chômage temporaire pour les employés.

Sur la base d'une enquête clôturée au 15 janvier auprès de 266 de ses membres, Agoria prédit que le secteur le plus touché sera l'automobile, avec une baisse d'activité de 18,8% prévue en 2009, ce qui devrait se traduire par la perte de 11,2% des emplois, a indiqué l'économiste en chef de cette fédération, Frank Vandermaliere, au cours d'une conférence de presse.

Ce recul est équivalent à celui lié à l'éclatement de la bulle internet en 2000-2002. Jusqu'au troisième trimestre de 2008, l'industrie technologique belge a tenu bon, avant de revoir fortement ses prévisions à la baisse. Finalement, l'activité a progressé de 0,8% sur l'ensemble de l'année, tandis que l'emploi est resté stable (+0,2%).

Pour 2009, Agoria s'attend dans l'ensemble, malgré un "manque de visibilité" sur l'avenir, à ce que la production et les services de la branche technologique diminuent de 5% en 2009, mais avec des différences selon les secteurs. Tous les secteurs s'inscrivent en recul, hormis celui de l'électronique, qui connaîtra encore une croissance grâce à des investissements dans l'énergie verte et la sous-traitance au secteur de l'énergie. Le secteur des technologies d'information et de la communication (TIC) maintiendra une croissance nulle, alors que l'aérospatial ne devrait reculer que de 0,8% grâce à des cycles plus longs.

Selon Agoria, en janvier, 44,5% des entreprises affichaient un niveau d'emploi inchangé, mis à part la suppression de postes d'intérim. Dans 37% d'entre elles, des mesures limitées ont déjà été prises, telles que le chômage temporaire, la non-reconduction des contrats temporaires ou des licenciements limités. Dans 16% des entreprises interrogées, des mesures importantes ont été prises, comme le chômage économique de longue durée, des licenciements ou des restructurations.

Dans 2% des entreprises, les activités ont été mises à l'arrêt. Ce sont les secteurs de l'automobile, des métaux et matériaux et de la transformation du métal qui sont les plus touchés par la crise. Dans une entreprise (de production) sur deux, des ouvriers sont au chômage temporaire. Dans 10% de ces entreprises, il s'agirait de chômage temporaire de longue durée.

Cette enquête indique toutefois que plus d'une entreprise sur trois (36%) prévoit toutefois d'engager du personnel supplémentaire en 2009. Agoria entrevoit aussi des possibilités de retournement conjoncturel: les plans de relance américains et européens contribuent à remettre l'économie mondiale sur les rails. Les baisses de taux des banques centrales ne feront sentir leurs effets qu'après six mois et la diminution des prix de l'énergie accroît le pouvoir d'achat.

Lorsque les consommateurs recommenceront à acheter des produits, les stocks des entreprises diminueront et la production pourra être relancée. Une reprise n'est possible qu'à condition que les marchés financiers se stabilisent, a souligné M. Vandermaliere.

L'administrateur délégué d'Agoria, Paul Soete, a évoqué une série de mesures à prendre par le pouvoir politique pour permettre aux entreprises de faire face à la crise, comme l'introduction du chômage temporaire pour les employés, une mesure déjà préconisée par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).
"Cela doit rapidement être mis à l'agenda" du gouvernement et du dialogue social, a-t-il affirmé.

La fédération a mené une enquête auprès de 600 de ses membres, dont il ressort que quelque 85% de ces entreprises sont favorables à un système de chômage temporaire pour les employés - une mesure jusqu'ici réservée aux ouvriers.

Selon cette enquête, 49% des membres de la fédération ont aujourd'hui recours au système de chômage temporaire pour leurs ouvriers. Agoria plaide pour un élargissement de ce système aux employés, assurant que le chômage temporaire permet à terme de sauvegarder l'emploi.

M. Soete a enfin recommandé des investissements dans les infrastructures, notamment dans les réseaux d'énergie et de télécommunications.

© La Dernière Heure 2009