Economie Engagé auprès de la Fédération Horeca Bruxelles et ancien restaurateur, Bernard témoigne de l’impact que peuvent avoir les faux avis sur l’économie d’un commerce.

Si les faux avis publiés sur le web ont un impact sur l’image du commerce renvoyée auprès de la clientèle, ils peuvent aussi porter un coup à leur santé économique. Ancien gérant d’un restaurant et aujourd’hui formateur Horeca dans le domaine du digital à Bruxelles, Bernard Frisque connaît bien les enjeux économiques liés aux avis publiés sur le web, d’ailleurs, il a déjà effectué plusieurs analyses sur le sujet. " Il faut savoir que deux mauvais commentaires de suite représentent une perte de 5 000 euros sur un même mois et parfois plus selon leur dureté ", explique-t-il.

C’est pourquoi aujourd’hui, la Fédération de l’Horeca pousse pour qu’il y ait un encadrement plus strict autour des commentaires postés par les clients sur Internet. "Nous sommes pour que les avis sur Internet ne puissent être publiés que par des gens qui se sont réellement rendus au restaurant. C’est pourquoi nous sommes en train d’investir pour qu’une plateforme unique soit installée dans les restaurants belges afin de proposer un système commun de réservation et offrant la possibilité de laisser un avis", développe Yvan Roque, président de la Fédération Horeca Bruxelles.

Le logiciel de réservation se nomme "Zen Chef" et a été créé en France et n’implique pas de pourcentage pour les commerces. Le restaurateur aurait donc le droit de réagir aux commentaires. "Il y aurait donc un réel suivi entre les deux parties et surtout, on aurait la certitude que le client qui dépose un commentaire soit réellement venu manger au restaurant."

Et les faux avis peuvent aussi faire l’objet d’un réel business.

En effet, il est possible d’acheter des avis à des sociétés basées à l’étranger pour faire gonfler sa note moyenne. Les plus connus se nomment acheterdesavis.com ou encore acheterdesavispositifs.com, dont les serveurs sont basés en Inde ou dans les Caraïbes.

Et, bien souvent, c’est elles qui contactent directement les gérants de restaurants ou d’autres commerces. "Il y a régulièrement des plateformes qui appellent les restaurateurs pour leur vendre des faux avis positifs pour leur restauran t", témoigne Bernard Frisque. Le prix ? "Il faut compter sur 500 euros pour 100 commentaires, à peu près 30 positifs sur votre site et 70 négatifs chez votre concurrent."

Cette stratégie peut d’ailleurs prendre la forme d’un vrai chantage au commentaire. Et ces sites ont un vrai savoir-faire en termes de rédaction des avis, en conseillant par exemple de faire des fautes car si le message est trop parfait, il pourrait alors éveiller les soupçons des algorithmes de détection dont sont munis la plupart des sites de réservations touristiques.