BNB: ''Une cuvée 2001 aigre''

P. D.-D. Publié le - Mis à jour le

Economie Bilan mitigé de l'économie belge dressé par la Banque nationale

BRUXELLES Le millésime 2001 a un sérieux goût de bouchon après une année 2000 qui avait été qualifiée de `grand cru´ voilà un an par le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB) lors de la présentation du Rapport annuel 2000.
`La cuvée 2001 a été aigre´, a cette fois commenté le même Guy Quaden, tout en rappelant qu'il avait alors appelé tout un chacun à garder `la tête froide´ après une année 2000 marquée par une franche croissance économique internationale.
Plusieurs indicateurs, en effet, laissaient entrevoir un `repli conjoncturel´, dont l'ampleur en a toutefois surpris plus d'un. L'éclatement de la `bulle financière liée aux valeurs technologiques´ ou encore, bien entendu, les `dramatiques événements du 11 septembre´, entre autres, ont fait chuter la croissance mondiale de 4,4% en 2000 à 2,1% en 2001, la zone euro passant de 3,5% à 1,6%, soit bien mieux que les Etats-Unis (1,1% contre 4,1%).

1% de croissance

La Belgique n'a pas échappé à ce marasme général. `Une petite économie ouverte comme la Belgique ne pouvait évidemment échapper au tassement mondial de la croissance et à la stagnation du commerce international´, a souligné Guy Quaden lors de la présentation du Rapport annuel 2001 de la BNB. La croissance pour 2001 devrait tourner autour d'un maigre 1% - contre 4% en 2000 - alors que la moyenne européenne est de 2,5% pour les douze mois. Explications: les mouvements de notre économie, que ce soit à la hausse ou à la baisse, sont plus prononcés en Belgique que dans le reste de la zone euro.
Une faible croissance qui s'explique notamment par un ralentissement sensible de la consommation des ménages - hausse de 1,7% (contre 3,8% en 2000), soit en phase avec l'augmentation de leurs revenus - ou l'effondrement de nos exportations - moins 0,4% contre une hausse de près de 10% un an plus tôt - `reflétant le ralentissement de l'économie internationale´.
Abstraction faite des recettes dues à la vente des licences UMTS, les finances publiques devraient quant à elles s'inscrire à l'équilibre pour 2001.
Quant aux prévisions pour 2002, elles sont marquées du sceau de la prudence. Le gouverneur de la BNB envisage à nouveau 1% de croissance: `Si cette croissance de 1% en 2001 est une déception, une croissance de 1% en 2002 est un chiffre optimiste´. Pour arriver à ce pour cent ou à 1,3% voire 1,4%, il faudrait en effet que la Belgique atteigne une croissance de quelque 2,5% en terme annuel au cours des derniers mois de l'année.
Bien des regards, en tout cas, sont braqués sur la Belgique. Nos indicateurs économiques donnent bien souvent le la de l'évolution de la zone euro. `Souvent, nous précédons le reste de la zone que ce soit pour la reprise ou la décélération de la croissance´, rappelle Guy Quaden.
Tout en estimant que `le pire´ de la récession internationale est passé, Guy Quaden se garde bien de crier victoire et attend encore quelques signes tangibles prouvant que la reprise a bien démarré.
P. D.-D.