Economie L'annonce a été faite, jeudi en commission paritaire, aux organisations syndicales : bpost va procéder à une restructuration de certains de ses services internes. Plus de 500 emplois sont menacés.

Il y a tout d'abord les services de nettoyage et de restauration d'entreprise, déjà en partie sous-traités depuis plusieurs années, qui emploient 353 personnes. En 2020, bpost veut que ces tâches "qui ne sont pas notre coeur de métier" soient complètement confiées à un partenaire extérieur. "Un marché public va être lancé dans le courant du deuxième trimestre 2018. Dans le cahier des charges, nous demanderons aux candidats un transfert du personnel de bpost actuellement occupés dans ces services", précise Baudouin de Hepcée, le porte-parole de l'entreprise.
 
Même si bpost affirme qu'elle fera "le maximum pour maintenir l'emploi, avec des mesures d'accompagnement du personnel", rien ne garantit que le sous-traitant réengagera l'entièreté des 353 personnes.

Bpost veut aussi moderniser son call-center, ou plutôt diminuer fortement (de - 50 à - 60 %) le nombre d'appels qui y aboutissent. "Ce nombre a fortement augmenté avec la hausse du nombre de colis que nous traitons. Nous allons alors développer une application pour smartphones et améliorer les informations disponibles sur notre site afin que les appels au call-center ne concernent plus que les problèmes complexes", explique le porte-parole.

Conséquence : bpost va se séparer d'au moins 90 collaborateurs et jusqu'à 130, "dès cette année et en commençant par les intérimaires et les personnes sous contrat à durée déterminée", indique Stéphane Daussaint, le responsable général de la CSC Transcom Postes.

Enfin, le système de reconversion professionnelle interne à l'entreprise, le Job mobility center, va être revu. Pour les employés de bpost qui perdent leur travail, l'entreprise propose une sorte de cellule de reconversion, un accompagnement pour trouver un nouvel emploi. Bientôt, "ceux qui afficheront une longue et infructueuse période de recherche seront licenciés. Cela concerne 30 personnes", annonce Baudouin de Hepcée.

Et comme nous l'annoncions mardi, bpost va bien supprimer la levée des boîtes aux lettres de rue le samedi, dès le 1er juillet. "Le volume du courrier déposé dans les boîtes le samedi a diminué de moitié en quelques années et il ne représente plus qu'environ 2 % du volume quotidien. La collecte du samedi n'est plus tenable mais sa suppression n'entraînera aucune perte d'emplois ou de revenus pour le personnel de collecte. Ces personnes seront reclassées", déclare le porte-parole.

Baudouin de Hepcée tient à préciser que ces mesures sont "des intentions qui seront négociées avec les organisations syndicales". Et il ajoute : "bpost est une entreprise qui évolue sur un marché concurrentiel. Ces mesures ne font peut-être pas plaisir mais elles sont nécessaires pour maintenir de l'emploi durable".

La CSC n'est pas de cet avis. Le syndicat mènera d'ailleurs une action d'arrêt de travail ce vendredi. Ses affiliés travaillant à la collecte du courrier dans les boîtes rouges se croiseront les bras, principalement en Wallonie et à Bruxelles. Voici le tract que la CSC a diffusé ce jeudi à ses membres, suite aux annonces de bpost.

Le tract de la CSC sur les menaces pour l'emploi à bpost
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