Economie Caterpillar a su jouer, légalement, avec les avantages fiscaux proposés par notre pays.

Les ouvriers de l’usine de Gosselies sont encore sous le choc, les PDG de Caterpillar ont eux jugé que le site de Gosselies devait fermer pour cause de non-rentabilité.

Pourtant, on ne peut pas dire que la Belgique n’a pas mis du sien pour essayer de rendre l’entreprise florissante. Intérêts notionnels en pagaille, contournement de taxes via des parcours à l’étranger, aides à la formation… Sans parler des sacrifices et efforts colossaux entrepris par les employés et ouvriers de l’usine pour limiter les dépenses du groupe. "On est venu travailler les samedis obligatoires, on a assuré la production, on a tout donné, [on a donné] de notre personne", détaillait la gorge nouée Luciano Bruno, ouvrier Caterpillar interrogé par la RTBF.

Pour le PTB, Caterpillar a bien profité du système belge. "Sur dix ans, sept sociétés belges du groupe Caterpillar on déduit un total de 150 millions d’euros d’intérêts notionnels. Nous disposons des données pour la période allant de 1994 à 2015. Sur cette période, les dispositifs successifs ont permis au centre de coordination de Caterpillar de réduire sa base imposable de 331 millions d’euros, économisant ainsi 149 millions d’euros d’impôts, ce qui lui permet d’afficher un taux d’imposition moyen de 3,4 % (notons que selon les années, ce taux est descendu jusqu’à 0,4 %)."

Cette version ne plaît pas au Premier ministre, qui a tancé le parti d’extrême gauche dans les lignes de L’Echo. Il faut dire que les intérêts notionnels sont une des mesures phares du MR... "Je ne prends pas pour argent comptant ce que raconte le service d’études du PTB. Comme Premier ministre, je n’ai pas accès aux données fiscales des individus et des entreprises", ripostait donc Charles Michel.

Faux, contre-attaque le parti d’extrême gauche dans un communiqué. "Le PTB est heureux d’informer Charles Michel que, non en tant que Premier ministre, mais en tant que citoyen, il a accès aux informations publiées sur le site de la Banque nationale, section centrale des bilans."

Guy Raulin, ancien délégué syndical chez Caterpillar, a compilé les données fiscales de l’entreprise. Ses recherches lui ont permis de recréer la structure des sociétés entre Gosselies et la maison mère aux Etats-Unis. L’argent engrangé quitte la Belgique, passe par la Suisse, le Luxembourg, les Bermudes et le Delaware, en toute légalité, explique-t-il au journal de la RTBF.