Economie

Les négociations entre représentants des pilotes et direction de Brussels Airlines ont été suspendues lundi peu avant 20h00 sans accord entre les deux parties, après une longue journée de discussions.

Elles devraient reprendre mercredi, a-t-on appris auprès des syndicats. Plusieurs propositions et contrepropositions ont été déposées sur la table mais aucune ne semble parvenir à satisfaire la direction ou les représentants des pilotes, qui ont fait grève ce lundi.

Peu avant 20h00, les négociations ont été suspendues. Elles reprendront mercredi matin, à 10h00, au siège de la compagnie et n'impliqueront dans un premier temps que les syndicats et la direction, avant que le bureau de conciliation ne rejoigne la table des discussions en fin d'après-midi.

Ce qui a été proposé est "très faible", d'après Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE, qui souligne une nouvelle fois que 80% des pilotes s'étaient montrés favorables à la grève de ce lundi et à celle de mercredi. "Je suis certain que si l'on propose ça, ce sera un 'niet' direct de la part des pilotes! Il y a peu de chances que cela passe", confie-t-il.

"Les propositions sont en effet assez faibles", confirme Anita Van Hoof, du Setca. "Et de toutes façons, si nous parvenons à un accord mercredi, il faudra encore le présenter aux pilotes."

"La discussion est très technique et nous avons tout de même enregistré des progrès", tempère Filip Lemberechts, de la CGSLB. "Ce n'est pas ce que demandent les pilotes mais cela n'est pas réaliste dans le contexte actuel", concède encore le syndicaliste libéral.

Les points abordés lundi concernaient un meilleur équilibre entre vies privée et professionnelle, d'une part, et une revalorisation salariale et l'augmentation du pouvoir d'achat, d'autre part, "pour lesquels on n'a eu aucune progression depuis de nombreuses années", selon Didier Lebbe.

La question des pensions n'a, semble-t-il, pas été approfondie lundi. Elle sera peut-être abordée mercredi, à la reprise des négociations, alors qu'aura lieu dans le même temps une journée de manifestation interprofessionnelle contre la politique du gouvernement en la matière. Une action de rassemblement des pilotes, qui feront donc également grève ce jour-là, est d'ailleurs prévue dès 8h00 devant le siège de la compagnie.

La CNE, à l'inverse des autres syndicats, appelle ouvertement le personnel de cabine à rejoindre le mouvement. Setca et CGSLB rappellent, eux, qu'un préavis de grève couvre tous leurs affiliés qui souhaiteraient faire grève mercredi pour manifester leur opposition à la politique fédérale en matière de pensions.

Si les négociations n'avancent pas dans les jours à venir, le mouvement pourrait se durcir, laissent entendre les syndicats. "Dans ce cas, on a promis de prévenir au moins 3-4 jours à l'avance d'une grève afin d'avoir un impact le plus limité possible sur les passagers", assure Filip Lemberechts. Le syndicaliste libéral affirme que le but n'est pas d'arrêter le travail mais bien d'avoir un moyen de pression dans les négociations. "Et ils ont compris cela aujourd'hui", estime-t-il.

Brussels Airlines, de son côté, ne souhaitait pas faire de commentaires lundi soir.

Le mouvement de lundi a causé l'annulation de 75% des vols de la compagnie aérienne et ce chiffre devrait être similaire mercredi. Au total, plus de 60.000 passagers sont concernés par les annulations de près de 600 vols sur les deux jours. Chaque jour de grève coûtera 4,7 millions d'euros à Brussels Airlines.