Economie

Les responsables syndicaux de la CNE rencontrent pour la première fois le management de Ryanair, vendredi en fin de matinée. Une réunion qui suscite l'espoir d'entamer un dialogue avec la compagnie irlandaise à bas coûts et d'améliorer les conditions de travail du personnel basé en Belgique.

"On verra si on peut poser les jalons d'une véritable relation", relève Yves Lambot, permanent syndical à la centrale des employés affiliés à la CSC. Après avoir affronté Ryanair sur le terrain social pendant plusieurs années, il voit cette rencontre avec le management comme une première prise de contact. L'objectif, à terme, est d'améliorer les conditions de travail du personnel, confronté à une cadence effrénée et à de fortes pressions. Depuis sa création en 1985, Ryanair a toujours refusé de reconnaître les syndicats. Mais la compagnie vit depuis quelques mois une vague de protestation sans précédent de son personnel, sur fond d'exode de ses pilotes vers d'autres compagnies aériennes. Le 22 décembre, la société a subi en Allemagne la première grève de son histoire, même si celle-ci a remporté un succès mitigé. 

Ryanair a ensuite amorcé un virage en commençant à reconnaître des syndicats, face à des menaces de grève historiques en Italie, en Irlande et au Portugal. Une manière d'accentuer la pression sur Ryanair, déjà mise en difficulté par des milliers d'annulations de vols depuis septembre. Les tensions semblent néanmoins peu à peu s'apaiser, notamment au Royaume-Uni où les pilotes ont accepté une hausse salariale allant jusqu'à 20%, comme l'a annoncé la compagnie jeudi. En Belgique, le bras de fer a débuté en 2011, lorsque la CNE a attaqué Ryanair en justice pour la contraindre d'appliquer la législations sociale belge plutôt qu'irlandaise. La Cour de Justice de l'Union européenne lui a donné raison mi-septembre. Un arrêt de la cour d'appel de Mons est désormais attendu en juin pour régler la question. La rencontre de vendredi fait suite à une demande de la CNE en collaboration avec l'association de pilotes belges Beca (Belgian cockpit association). Mais elle résulte aussi d'une ouverture de Ryanair elle-même, souligne Yves Lambot. "Ryanair évoque la possibilité de reconnaître les syndicats en Belgique, mais nous allons demander des explications et des garanties sur ce que cette reconnaissance signifie pour la direction." Il reste à déterminer en effet si la compagnie compte réellement ouvrir la porte à des négociations sur les conditions de travail. L'entrevue débutera à 11h dans un hôtel proche de l'aéroport de Zaventem. Elle mettra en présence la CNE, des pilotes, tant de l'aéroport de Charleroi que de Zaventem, et des responsables du personnel de Ryanair.