Economie Des jeunes sont recrutés comme mules via les réseaux sociaux par des fraudeurs à la banque par Internet.

Il y a de quoi sonner l’alarme et appeler à la vigilance : pas moins de 1.647 cas de phishing à la banque en ligne ont en effet été comptabilisés au cours des six premiers mois de l’année, contre un total de 475 en 2016 et de 1.772 en 2013.

Pour fonctionner, le phishing a besoin de deux choses.

D’une part, des personnes qui tombent dans le panneau en confiant un code secret à des fraudeurs. La ficelle semble un peu grosse mais les fraudeurs savent faire preuve de persuasion. Ils peuvent alors utiliser votre compte et effectuer des paiements vers un compte tiers.

Un compte ami est aussi essentiel : c’est le compte vers lequel le fraudeur va transférer l’argent qu’il dérobe à votre insu en utilisant les codes de sécurité que vous lui avez confiés. C’est quelque 1.000 euros en moyenne par cas de fraude de puis le début de l‘année.

Or, ce compte ami n’appartient pas (nécessairement) à un complice du ou des fraudeurs. Au contraire, il peut appartenir à une personne dont la bonne foi a été là encore abusée.

Le phénomène est à ce point aigu que Febelfin, la fédération du secteur financier, a lancé une alerte à propos du recrutement de mules financières, à savoir des personnes qui aident à leur corps défendant les fraudeurs à transférer les sommes volées vers un compte qu’ils contrôlent.

Comment cela fonctionne-t-il ? "Les fraudeurs approchent des particuliers principalement via les réseaux sociaux, où ils se font passer pour des jeunes qui ont réussi et partagent des photos de leur fortune", explique Febelfin. "Les fraudeurs les persuadent d’ouvrir un compte auprès d’une banque et de leur transmettre leur carte bancaire en échange d’une compensation financière".

Et le tour est joué . La proposition peut même consister à transférer de l’argent déposé sur votre compte à une autre personne. Et c’est présenté comme un petit boulot rémunéré pas compliqué

Bref, mieux vaut être attentif aux offres par courrier électronique, téléphone, médias sociaux, qui vous promettent de gagner de l’argent très facilement.

La mule n’y voit pas malice car elle n’est pas consciente d’avoir mis le doigt dans un engrenage criminel : la fraude peut aller au-delà de la banque Internet et concerner le blanchiment d’argent. C’est pourquoi la mule est passible "de poursuites pénales et encourt une amende ou une peine d’emprisonnement".