Economie

C'est ce qu'a affirmé l'économiste Philippe Ledent (ING)


BRUXELLES Le second plan d'aide à la Grèce, qui prévoit une aide publique de 130 milliards d'euros et une décote de la dette grecque détenue par ses créanciers privés correspondant à l'effacement de 107 milliards d'euros de dette, ne devrait a priori rien coûter aux contribuables belges, a indiqué l'économiste Philippe Ledent (ING) contacté par l'agence Belga.

Concrètement, l'aide publique de 130 milliards d'euros promise à la Grèce sera prise en charge par les Etats européens membres de la zone euro et le FMI, dont les Européens attendent "une contribution significative".

Mais, au contraire du premier plan d'aide à la Grèce, qui avait vu les Etats consentir des prêts bilatéraux à la Grèce, c'est cette fois le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui sera chargé de prêter à la Grèce, fait remarquer Philippe Ledent.

Ce Fonds, qui bénéfice de la garantie des Etats -dont la Belgique au prorata de son poids dans l'économie européenne- se financera sur les marchés financiers, avant de prêter à la Grèce, à un taux sans doute légèrement plus élevé.

"Le contribuable belge ne devrait donc, a priori, pas mettre la main au portefeuille. Sauf si la Grèce devait faire défaut, de manière généralisée", souligne M. Ledent.

Le risque que représente la garantie apportée par la Belgique est néanmoins intégré par les marchés financiers, ce qui se traduit par une hausse des taux et un coût de financement pour notre pays légèrement plus élevé que s'il n'y avait pas de garantie, nuance Philippe Ledent.

Mais selon l'économiste, l'accord conclu durant la nuit de lundi à mardi est plutôt positif pour le contribuable car "il a pour but de le protéger contre les scénarios extrêmes" que seraient un défaut unilatéral de la Grèce ou sa sortie de la zone euro.

Ce second plan d'aide, de grande envergure, doit maintenant passer l'épreuve de la réalité, alors que la Grèce est soumise à des tensions sociales et politiques, souligne encore M. Ledent.

© La Dernière Heure 2012