Economie
Le géant suédois du meuble en kit restructure au niveau mondial, avec 7500 postes de travail en moins… pour en créer 11 500 nouveaux dans les 2 ans.

Après, ces derniers mois, des enseignes comme Carrefour, Blokker ou Mestdagh, c’est un mastodonte de la distribution qui opère une restructuration de ses activités, mises en péril par le boom de l’e-commerce. Le groupe suédois Ingka, qui exploite les magasins Ikea, a annoncé mercredi son intention de supprimer au niveau mondial 7500 postes de travail sur les 160  000 qu’il compte.

En Belgique, où Ikea emploie 4327 personnes, ce sont de 100 à 120 postes, au siège central de Zaventem et au sein du département des ressources humaines, qui sont menacés. Une procédure Renault de licenciement collectif est ouverte. La date à laquelle ces suppressions d’emplois sont prévues n’est pas encore connue.

Un chiffre d'affaires pourtant à la hausse

Dans un communiqué publié juste après la tenue d’un conseil d’entreprise extraordinaire lors duquel l’annonce a été faite aux organisations syndicales, la direction d’Ikea Belgique a apporté peu de précisions quant aux motivations du groupe, dont le chiffre d’affaires mondial est pourtant bon : 34 milliards d’euros en 2017 (+ 3,8  % par rapport à l’exercice précédent). “Cette annonce entre dans le cadre de la transformation mondiale de Ingka Group afin d’être plus pratique et abordable pour un plus grand nombre de personnes. Ingka Group vise à intensifier ses investissements dans les magasins et centres de logistique Ikea existants ou à venir, en développant des magasins concepts en centre-ville et en se concentrant sur sa plateforme de commerce en ligne, afin de mieux répondre aux besoins de ses clients.”

Et d’ajouter : “11500 nouveaux emplois pourraient être créés grâce à l’ouverture d’une trentaine de points de contact Ikea, à des investissements dans son réseau de distribution et dans ses opportunités digitales”.

Catherine Bendayan, CEO d’Ikea Belgique, a fait cette déclaration : “Je regrette et suis bien consciente que cette nouvelle a des répercussions sociales et émotionnelles sur tous nos collaborateurs et sur leurs proches. Je comprends que cette période d’incertitude est difficile pour nous tous et je m’engage à informer et à soutenir au maximum nos collaborateurs”.

Mauvaise surprise pour les syndicats

Les représentants du personnel font tous part de leur étonnement. “On s’attendait à une réorganisation du travail pour faire face à la concurrence de l’e-commerce mais à une restructuration, sûrement pas”, lance Nectaria Saroglou, permanente Setca. La syndicaliste craint que “ce ne soit pas la dernière restructuration dans la distribution”.

“Le groupe Ikea n’est pas en difficulté mais le nombre de visiteurs par magasin est en baisse, nous a expliqué la direction belge. Ikea veut s’adapter au marché actuel en ouvrant des magasins plus petits et en créant une trentaine de points relais où les clients pourront venir chercher leur commande passée en ligne. Ces mesures feront l’objet d’une phase de test pendant deux ans mais on ne sait pas si la Belgique est concernée”, signale Anne-Marie Dierckx, permanente CNE.

Eviter les licenciements secs

Un prochain conseil d’entreprise de la phase d’information et de consultation de la procédure Renault est programmé lundi. “On y posera bon nombre de questions. Nous voulons déterminer les responsabilités, savoir ce qui va se passer et comment l’activité sera pérennisée pour le personnel restant. Nous chercherons aussi à voir si on peut réduire le nombre d’emplois supprimés et limiter les licenciements secs en recourant au RCC (prépension)”, signale Fabrice Jardon, permanent CGSLB.