Economie Être présent sur une liste le 25 mai prochain? "Cela reste dans le domaine du possible..." répond Jean-Pierre Lutgen, le frère du président du cdH et bourgmestre de Bastogne. Parti de rien et malgré de nombreux obstacles et procédures en justice, le CEO de Ice-Watch a réussi à conquérir le monde avec ses montres, avant de lancer ses lunettes et bientôt des smartphones. Le frère de Benoît Lutgen (président du cdH et bourgmestre de Bastogne) est l'Invité du samedi de nos collègues de LaLibre.be.


Extraits:


Pour une PME wallonne, quelles sont les difficultés pour se lancer à l’international ? En d’autres termes, avez-vous un conseil à donner à ceux qui y pensent ?

Il faut surtout bien protéger ses droits à la création, ensuite avoir un très bon contrat de départ pour assurer la distribution. Ces deux points essentiels pourront vous éviter de nombreuses embûches. Ensuite, il faut participer à énormément de salons à travers le monde pour faire connaître son produit. Pour cela, la Région wallonne propose des outils à travers l’AWEX (Agence wallonne à l’exportation) qui nous ont bien aidés au départ pour assurer cette visibilité internationale. Après, si votre produit ne rencontre pas de succès, cela ne sert à rien d’insister… Certains distributeurs pionniers sont à la recherche de produits innovants. Les grands réseaux de distribution seront plus frileux d’entamer un business avec un produit pas encore connu ou installé. Pour gagner en efficacité et professionnalisme, il faut parvenir à passer de l’un à l’autre.

L’AWEX est un outil mis en place par les dirigeants politiques. Pourtant, on entend de plus en plus d’entrepreneurs - comme Marc du Bois (Spadel) - dire que le monde politique ne comprend pas les besoins des entreprises. C’est votre cas ?

Je serais encore plus catégorique qu’eux : le monde politique ne comprend rien aux entreprises, surtout à Bastogne et en Province du Luxembourg. Exceptés les aides de l’AWEX dont j’ai pu bénéficier et les aides à l’investissement – où l’on vous donne d’une main ce qu’on vous a pris dans l’autre – je crois que les politiques n’ont rien compris à ce qu’on faisait. Et j’insiste, surtout ici à Bastogne. Personne ne s’est intéressé à ce qu’on faisait ici. Je n’ai pas eu la moindre rencontre avec quelconque autorité sur nos projets…

On vous met des bâtons dans les roues ?

Oui, plus que des bâtons dans les roues ! Sur le plan urbanistique, ils ont même mis un arrêt à nos travaux de rénovation sur la place de Bastogne à la demande expresse du collège échevinale. La situation est bloquée. Le premier échevin de Bastogne a personnellement tout fait pour empêcher notre développement ici à Bastogne. On peut inventer plein de mesures pour relancer l’économie, mais il faut avant tout ne pas être jaloux de ceux qui réussissent dans sa ville.

Vous êtes pourtant le frère de Benoît Lutgen… bourgmestre de la ville. Même si on sait que vos relations ne sont pas au beau fixe, vous comprendrez que vos propos ont de quoi interloquer.

Notre relation est devenue une confrontation. Je le regrette. N’ayant pas participé aux élections communales et ayant laissé la voie libre à mon frère et son équipe, j’aurais espéré qu’il n’y ait pas d’esprit de revanche à mon égard. C’est tout le contraire qui s’est passé ! En tant qu’entrepreneur, on m’a même fortement recommandé de ne pas entrer dans le pré carré politique… "pour le bien de ma société". Cela a été une des raisons pour lesquelles je n’ai pas fait le pas aux communales. A tort, car suite à cela, j’ai eu un contrôle fiscal très dur : plus de 10 personnes de l’ISI (Inspection spéciale des impôts) ont débarqué dans mes bureaux accompagnés d’une équipe de télévision de la RTBF. Ce contrôle a duré 6 mois, j’en suis sorti blanc comme neige. Ensuite, j’ai eu des problèmes urbanistiques carabinés, puisque le nouveau collège échevinal a refusé de donner son accord sur mes plans, qui étaient acceptés par l’ancien collège.

D’où vient cette animosité entre vous et votre frère ?

Tout est parti d’accords entre nous qui n’ont pas été respecté. C'était à l’époque du changement du PSC en cdH. Avant, on s’entendait très très bien…


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