Economie

Après un blocage de dernière minute survenu mercredi, la direction et les syndicats de Mestdagh ont signé vendredi les trois conventions collectives de travail (CCT), rapportent nos confrères de La Libre Belgique. 

La procédure Renault de licenciement collectif, ouverte le 7 mai après que l'enseigne a annoncé son intention de supprimer 450 emplois (objectif finalement ramené à 340, après négociations), sans fermeture de magasins, sera clôturée lundi.

Mercredi, alors que les deux parties auraient dû signer les trois CCT, deux exigences de dernière minute de la direction avaient provoqué la colère des représentants du personnel qui les jugeaient imbuvables. La direction voulait notamment faire signer aux syndicats une obligation de respect de la CCT pendant 5 ans et ce alors que le volume d'emploi n'était garanti que pendant deux ans au maximum, grâce au statut d'entreprise en restructuration. Les syndicats craignaient dès lors la possibilité d'une nouvelle restructuration après 2020.

La direction de Mestdagh est finalement revenue sur cette demande. "Elle a accepté la proposition syndicale d'une clause de non dénonciation des CCT pendant deux ans. La garantie d'emploi est bétonnée jusqu'à la fin de 2020", explique le permanent CNE Danny Dubois.

Il rest maintenant à envoyer au ministre fédéral de l'Emploi la demande de RCC (prépension) dès 56 ans (ce qui est encore possible en 2018), puisque le plan social de Mestdagh repose sur ce type de départs.

Danny Dubois jette un coup d'oeil dans le rétroviseur de ces près de six mois de négociations. Il déplore plusieurs choses. "Malheureusement, les négociations ne se sont pas terminées dans la confiance avec la direction et nous n'avions pas beaucoup de marge de manoeuvre pour aller au-delà de l'enveloppe financière prévue par l'entreprise pour financer les départs", dit-il.

Le permanent syndical tient à souligner, "l'union jusqu'au bout du front commun" ainsi que "la solidarité et la détermination du personnel" qui a mené de parfois longues actions de grève pendant les négociations quand elles devenaient critiques. "J'avais rarement vu ça dans ma carrière."

Il évoque enfin ses craintes pour le personnel restant des magasins Mestdagh. "On espère qu'avec la polyvalence totale qui leur sera demandé et le peu de personnel restant, les travailleurs ne vont pas "crever" d'épuisement. Pendant un an, nous allons surveiller cette évolution de très près", déclare Danny Dubois.