Economie C'est ce qu'affirme Roeland Baan, le responsable des activités européennes du groupe, qui rencontrait les autorités fédérales

BRUXELLESLa Belgique est un élément-clé de la stratégie de Mittal Steel, a indiqué vendredi Roeland Baan, le responsable des activités européennes du groupe, qui a rencontré plus tôt dans la journée des représentants des autorités fédérales et régionales belges.

Lors de cette réunion "technique", les représentants de Mittal Steel et les autorités belges ont eu une "discussion franche et ouverte" et ont échangé "leurs questions et leurs points de vue" sur le plan industriel que Mittal Steel leur a remis le 7 mars dernier dans le cadre de l'OPA lancée sur son concurrent Arcelor.

Les représentants des différents exécutifs "ont clarifié les engagements (d'Arcelor, ndlr) qu'ils veulent voir remplis" par Mittal Steel et ont exprimé leurs "souhaits" pour l'avenir, a expliqué M. Baan lors d'un entretien avec l'agence Belga.

Vendredi, M. Baan a répété que Mittal Steel avait donné des "garanties qu'il n'y aura pas de restructuration au-delà des mesures déjà prévues par Arcelor".
"La Belgique reste un élément-clé de notre stratégie", a-t-il assuré, tout en jugeant difficile d'évaluer l'impact exact des synergies escomptées de la fusion avec Arcelor, en raison de leur caractère transversal.

Ces synergies - un milliard de dollars - proviendront de l'amélioration de la force d'achat du groupe (600 millions de dollars), d'améliorations opérationelles (200 millions) et logistiques (200 millions), a-t-il rappelé.

Alors que les syndicats continuent à s'inquiéter des conséquences d'une fusion éventuelle des nø1 et 2 de l'acier mondial, Roeland Baan souligne que Mittal a, par le passé, racheté de nombreuses entreprises jugées à l'époque non rentables, avant d'y investir massivement et de les redresser.

Les sites produisant de l'inox pourraient ainsi "bénéficier de l'expérience (de Mittal Steel) pour les rendre viables", a-t-il indiqué, alors qu'Arcelor "désinvestit dans ce domaine".

Il y a quelques jours, le ministre-président flamand Yves Leterme annonçait, à l'issue d'un entretien avec des représentants d'Arcelor, que celui-ci entendait examiner d'ici la fin du premier semestre la position au sein du groupe d'Ugine & ALZ, qui fabrique de l'inox, avant de décider de le garder ou de lui chercher un partenaire.

Roeland Baan a par ailleurs confirmé que, dans le cadre de la réorganisation de ses activités après la fusion éventuelle avec Arcelor, la décision de fermer la phase à chaud à Liège "pourrait être réexaminée", sans s'engager sur l'issue d'un tel examen.

"Arcelor est une entreprise compétente", a-t-il ajouté, et "recentrer la production à chaud près des côtes a du sens sur le plan industriel".

Malgré la méfiance que suscite toujours le projet, dans les milieux politiques luxembourgeois et français notamment, et l'opposition d'Arcelor et de sa direction, Roeland Baan reste "optimiste" sur l'issue de l'offre qui devrait être lancée officiellement à la mi-avril.

Les marchés semblent pour l'heure lui donner raison puisque depuis l'annonce du lancement de l'offre, "Arcelor et Mittal Steel ont gagné ensemble 8 milliards de dollars en valeur", affirme-t-il.

Les autorités belges, quant à elles, affichent pour l'heure une prudente neutralité (jusqu'à provoquer un certain agacement chez Arcelor), réservant leur réponse pour la fin du mois, lorsqu'elles auront reçu le rapport de la banque Lazard.

Les représentants de Mittal Steel devraient les revoir à ce moment-là ou "au début du mois prochain", pour une "réunion finale" au cours de laquelle ils espèrent voir les différentes autorités du pays afficher "une position unie".

L'offre lancée par Mittal Steel, une entreprise cotée à Londres mais dont le siège social se trouve aux Pays-Bas, valorise son concurrent Arcelor à 18,6 milliards d'euros. Son patron, Lakshmi Mittal, espérait il y a trois jours pouvoir boucler l'opération dans les trois mois.