Economie

Taxes européennes antidumping: Pékin affiche son mécontentement

PÉKIN Le ministère chinois du Commerce a exprimé vendredi le «mécontentement» de la Chine après la décision de la Commission européenne d'imposer des taxes antidumping à certaines chaussures chinoises, qu'il a jugée «contraire au principe d'un commerce juste».

La Commission a décidé jeudi d'imposer à terme des taxes équivalentes à 19,4% du prix à l'importation sur les chaussures en cuir chinoises et de 16,8% sur les chaussures en cuir vietnamiennes.

Pour le ministère chinois, imposer des taxes à l'ensemble des entreprises chinoises «manque de bases légales» et «est contraire au principe du commerce juste».

«Il n'y a pas de dumping sur la production des chaussures chinoises à l'exportation et elles n'entraînent pas de pertes pour la production européenne», poursuit le communiqué, signé du porte-parole du ministère, Chong Quan.

Le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a justifié les mesures par la nécessité de «corriger les distorsions» du marché et «les dommages causés aux producteurs de chaussures en cuir européens».

Quand il les avait proposées en février, il avait fait état de «preuves avérées d'intervention publique, de dumping et de dommage» découvertes lors d'une enquête menée par la Commission entre avril 2004 et mars 2005.

Les chaussures de sport pas concernées

Ces taxes s'appliqueront progressivement sur une période de cinq mois commençant le 7 avril et ne concernent pas les chaussures pour enfants ni les chaussures de sport.

Le communiqué chinois appelle l'UE «à traiter avec justice les entreprises chinoises, à refaire une évaluation et une analyse raisonnables et à prendre une décision conforme aux principes de l'OMC», l'Organisation mondiale du commerce.

Les fabricants de chaussures chinois ont déjà annoncé leur intention de faire appel de la décision de la Commission européenne et de saisir des avocats européens pour les défendre.Selon la Chambre de Commerce chinoise pour les Importations et les Exportations de produits industriels légers et d'artisanat, les exportateurs chinois tirent un faible profit de leurs chaussures vendues dans l'UE: entre 5 et 15%. La profession craint d'autant plus l'impact des taxes que celles-ci coïncident avec une appréciation légère mais continue du yuan, qui risque de rendre moins compétitifs les produits chinois. Selon des statistiques citées par le ministère du Commerce, les exportations de chaussures en cuir chinoises vers l'UE ont représenté quelque 730 millions de dollars en 2004.

© La Dernière Heure 2006