Economie

C'est un projet win-win, promet l'UCL (Université catholique de Louvain). Tant pour les entreprises chinoises que belges. A terme, quelque 1 500 emplois devraient être créés, dont 800 à 900 pour les ressortissants belges.

Le roi Philippe, en visite d'Etat en Chine, se faisait présenter ce lundi le projet d'un gigantesque incubateur d'entreprises, le “China-Belgium Technology Center” (CBTC), dont la pose de la première pierre est prévue pour le mois d'août prochain dans le parc scientifique de l'UCL - situé au carrefour de la N4 et de l'E411, entre Louvain-la-Neuve et Wavre. L'événement de ce lundi se déroulait à l'université de Wuhan en présence du recteur de l'UCL Vincent Blondel et du ministre-Président wallon Paul Magnette (PS).

Selon le ministre-Président Magnette, "ce projet d'incubateur est au coeur des priorités wallonnes, du Plan Marshall 4.0, puisqu'il est question à la fois d'innovation et de diversification de nos sources d'exportation."

En réalité, ce sont même cinq incubateurs qui vont être construits à l'horizon 2017 (deux ans de travaux). Leur mission future : introduire concrètement sur le marché belge et européen des entreprises chinoises de haute technologie, spécialisées dans les domaines des bio et nanotechnologies, de l’informatique et des télécommunications, de l'optoélectronique et du développement durable.

L'ambition de l'UCL est de faire de Louvain-la-Neuve une “intelligence valley” censée “booster la recherche high-tech et la coopération technologique”. Les entreprises belges devraient également y trouver leur compte. D'une part, grâce aux “interactions” qu'elles pourront développer avec leurs partenaires chinois. D'autre part, le CBTC “ouvrira le marché chinois aux entreprises wallonnes”, selon l'UCL.

"Le parc scientifique de Louvain-la-Neuve a été choisi pour trois raisons", se réjouit Vincent Blondel. "Il y a d'abord le fait qu'il s'agit là du plus grand parc scientifique de Belgique. Ensuite, il y a la situation géographique, au centre de l'Europe. Et enfin la proximité avec l'UCL."

Enfin, l'université néolouvaniste entend par la même occasion poursuivre son développement à l'international, spécifiquement dans l'Empire du Milieu. “La nouvelle équipe rectorale a d'ailleurs mis en place un 'China desk' à vocation transversale (économique, échange d'étudiants et de scientifiques, programmation culturelle)”, explique-t-elle.

200 millions d’euros

Projet gigantesque, disions nous ? Le complexe de quelque 90 000 m² sera érigé sur un terrain de 8,3 hectares. Il comprendra donc cinq incubateurs, mais aussi un hôtel de 160 chambres, un centre de services et des commerces de proximité. Sept entreprises de construction belges se partageront le chantier, financé par des deniers Chinois. Budget total : 200 millions d’euros.

Dans un second temps, 300 logements logements, répartis sur trois sites différents de Louvain-la-Neuve, seront également construits pour accueillir, entre autres, les expatriés chinois. Mais l'UCL compte bien en faire profiter les autochtones et les étudiants.

Le CBTC est un projet initié en 2010 par Wuhan East-Lake Hi-Tech Innovation Center (WHIBI) avec le parc scientifique de l’UCL. Un accord de financement avait été signé le 31 mars 2014 à l'occasion de la visite d'Etat du président chinois Xi Jinping en Belgique. L'“intelligence valley” ne demande plus qu'à voir le jour.