Economie

Les eurodéputés ont voté jeudi des règles visant à limiter les tarifs que peuvent se facturer entre eux les opérateurs téléphoniques pour les frais d'itinérance. La fin des frais d'itinérance a déjà été décidée et elle entrera en vigueur le 15 juin prochain. Concrètement, tout citoyen de l'UE voyageant dans un autre pays européen ne se verra plus compter des frais supplémentaires s'il souhaite téléphoner, envoyer des messages ou surfer sur le net.

Mais il fallait aussi encadrer les frais que les opérateurs se facturent pour ces services, afin d'éviter qu'ils ne répercutent les coûts aux clients par d'autres moyens.

Après des négociations âpres avec les Etats membres, dont certains, destinations de vacances prisées par les Européens, étaient réticents à voir baisser les tarifs, le Parlement a obtenu que les prix soient revus à la baisse.

Ainsi, le prix du gigabyte sera progressivement baissé, passant de 7,7 euros en 2017 à 2,5 euros en 2022. Le coût d'un appel sera de 0,032 euro au lieu de quatre centimes.

"Grâce à cet accord, le citoyen est doublement gagnant", se réjouit Marc Tarabella (PS/S&D). "D'une part, il est assuré de ne pas payer de frais supplémentaires en utilisant son téléphone portable en-dehors de son pays. Mais ce n'est pas tout. Ces plafonds plus bas pour les transferts de données permettront aux consommateurs européens d'accéder à davantage de contenu audiovisuel lorsqu'ils voyagent en dehors de leurs frontières."

"Je suis très contente que nous ayons pu à nouveau accomplir quelque chose de concret pour les citoyens européens", a réagi l'eurodéputée libérale Hilde Vautmans. "Cela ne résoudra pas les gros problèmes et défis actuels, mais c'est un accomplissement que nous avons longuement négocié et dont nous pouvons être fiers en tant qu'UE."

"C'est un grand pas en avant pour beaucoup de consommateurs", a salué l'eurodéputée N-VA Anneleen Van Bossuyt, qui a quelques objections. "Le roaming (l'itinérance) coûte de l'argent aux opérateurs. Cette législation entraînera sans doute une augmentation des prix des abonnements téléphoniques. Les citoyens qui ne partent pas à l'étranger paieront donc pour des avantages dont ils ne bénéficient pas."