Economie

"Redéploiement" : ING va faire passer un entretien à la majorité de ses employés.

La restructuration suit son cours implacable chez ING. 3.158 emplois seront supprimés d’ici la fin 2021. La semaine dernière, une annonce a été faite aux départements IT et Retail (les agences) : le lancement de la phase de redéploiement. "En clair, les employés vont devoir repostuler pour garder leur job, ou pour en trouver un autre au sein de l’entreprise", résume Pacsal Breyer, de la FGTB-Setca. " C’est un gros stress. Tout le monde est dans l’incertitude."

Ce vaste processus doit servir à évaluer et sélectionner la majorité des quelque 9.000 employés du groupe néerlandais. Pour décider qui reste et qui prend la porte.

Car avec la mutation initiée par ING, l’entreprise va être fondamentalement réorganisée. Certains postes vont disparaître, ou seront modifés tandis que d’autres seront créés. Exemple : un service de 25 personnes est réduit à 20 places. Tous devront repostuler pour leur poste, mais cinq d’entre eux ne seront pas conservés. Reste pour ING à les évaluer pour déterminer lesquels. La communication doit se faire par vague et tous les services concernés n’ont pas encore été informés .

Concrètement, les employés peuvent postuler pour plusieurs postes différents, dont celui qu’ils occupent déjà. La liste des postes à pourvoir ne leur a pas encore été fournie. Dans la foulée, l’employé sera convié pour un entretien d’une heure, durant lequel il sera évalué par une firme externe, sélectionnée pour l’occasion, et un membre du management d’ING. Une partie de l’entretien pourrait se dérouler en anglais. Au terme du processus, qui devrait se clôturer fin septembre, les décisions tomberont. Et les travailleurs seront informés de leur sort : les plus chanceux garderont leur emploi, moyennant quelques adaptations, d’autres seront redirigés vers un autre poste en interne. Les autres devront quitter l’entreprise.

"Après le plan social signé avec les partenaires sociaux, fin mars, nous entrons dans la deuxième partie. Toute une série de conseils d’entreprise doivent avoir lieu", précise Vanessa Zwaelens, porte-parole d’ING. "Ils concernent la nouvelle méthode de travail agile chez ING, basée en partie sur la flexibilité. Et effectivement, aussi, le redéploiement d’une grande partie des employés (retail, IT, support, une partie du marketing). Les personnes concernées devront repostuler, pour leur job, ou pour un autre poste, fournir un CV, passer un entretien, etc. Nous devons analyser la situation et voir si nous avons la bonne personne au bon endroit. Effectivement, au final, une partie d’entre eux ne pourra pas rester."

Certains trouvent le procédé violent. "Je travaille chez ING depuis plus de 25 ans. Je pense qu’ils savent si je suis efficace ou non, sans avoir besoin de me faire passer un entretien", nous lâche un employé. "Je refais mon CV, je retravaille mon anglais. Je ne pensais jamais connaître ça en commençant dans l’entreprise… C’est très triste".

"On nous avait dit que personne n’était à l’abri. Désormais, c’est clair", analyse un délégué syndical. "On espère que personne, jeune ou plus vieux, n’est foutu d’avance. Mais on attend de voir."

ING vend son service de maintenance

200 travailleurs concernés.

En parallèle avec son plan de restructuration, ING prévoit d’outsourcer certains de ses services. En clair, il s’agit de confier une tâche à une société extérieure au lieu de la faire soi-même. FMD, service interne de maintenance d’ING, qui regroupe autour de 200 travailleurs, est directement concerné. De bonnes sources, en interne, nous confirment que la vente du service est imminente. Le contrat de vente devrait être signé d’ici au 22 mai. Trois sociétés tiennent la corde pour ce rachat : Sodexho, ISS et CBRE. Selon nos sources, la vente du service Fiducré, spécialisé dans le recouvrement de dette, est elle aussi en négociation. Les travailleurs outsourcés garderaient a priori leurs conditions salariales et leur ancienneté. "Les négociations se poursuivent. Mais à terme, le risque est grand que les travailleurs de FMD perdent une partie de leurs avantages", estime Pascal Bayer, de la FGTB.

"Aurons-nous toujours nos avantages extralégaux ? On ne sait pas", nous confie un membre du service FMD. "En fait, on risque de faire le même boulot, à savoir la maintenance et l’entretien du réseau ING, mais en travaillant pour une autre société et probablement à de moins bonnes conditions. On est inquiet."