Economie

Les trois autres hôtels de l'ex-Sabena devraient également trouver acquéreur dans les prochains mois

KIGALI Prononcée en novembre 2001, la faillite de la Sabena laissait au curateur Christian Van Buggenhout la lourde tâche de trouver acquéreur pour les quatre hôtels que possédait l'ancienne compagnie aérienne belge. Si, dans un premier temps, le liquidateur a cherché un candidat à la reprise des quatre hôtels en un bloc, il s'est finalement résolu à les liquider un par un. Le premier a été vendu hier. Il s'agit du Mille Collines, un palace de Kigali de 113 chambres sur les hauteurs de la capitale rwandaise. Sa piscine azur et son restaurant panoramique sont désormais la propriété d'un homme d'affaires congolais, dont on ne connaît ni l'identité ni les activités.

Il faut dire que la discrétion est assurément préférable lorsque l'on évoque les rapports entre le Rwanda et le Congo, opposés par une guerre récente et qui, malgré un calme relatif, digèrent encore mal la problématique des personnes d'origine rwandaise jouissant de la nationalité congolaise.

Le Mille Collines n'est pas seulement un hôtel prestigieux, mais également un lieu historique. C'est en effet dans les murs de ce 4 étoiles que Paul Rusesabagina, le gérant des lieux, sauva plus de 1.200 Rwandais du génocide au printemps 1994. Pendant qu'une radio haineuse incite les Hutu à exterminer ces coquerelles tutsi, que les cadavres parmi la population tutsi et chez les Hutu modérés s'empilent, cet homme, Paul Rusesabagina, transforme l'hôtel Mille Collines en une oasis, un îlot de paix ouvert aux réfugiés parmi lesquels figurent sa femme, Tatiana, et ses trois enfants. L'histoire de ce Schindler africain a inspiré au réalisateur britannique Terry George Hôtel Rwanda. Seuls quelques plans avaient cependant été tournés au véritable Mille Collines, le reste l'ayant été en Afrique du Sud.

Christian Van Buggenhout espère désormais trouver un acquéreur pour le Memling, entièrement rénové il y a une dizaine d'années et comptant parmi les plus prestigieux établissements de Kinshasa, au même titre que le Grand Hôtel, qui souffre cependant d'ardoises impayées par le gouvernement congolais qui y a logé de nombreuses personnalités politiques au cours de ces dernières années. Le Memling ne devrait cependant pas trouver acquéreur dans l'immédiat, Christian Van Buggenhout n'envisageant pas de transaction avant les élections générales qui doivent se tenir avant le 30 juin prochain. De nombreux investisseurs attendent en effet de ce processus démocratique une stabilisation de l'ancienne colonie belge.

En ce qui concerne le Carrefour de l'Europe, au centre-ville, et le Sodehotel la Woluwe, les offres sont recevables jusqu'à la fin du mois.

© La Dernière Heure 2005