Economie

Le gouvernement wallon, qui avait menacé Caterpillar d'expropriation après que le groupe eut annoncé son intention de fermer son site de Gosselies, a obtenu de l'entreprise la cession pour l'euro symbolique de ce site stratégique de Gosselies de près de 100 hectares et de ses principales installations, a annoncé lundi le ministre-président Paul Magnette.

Entretien avec Jean-Jacques Cloquet, Administrateur-délégué de l’aéroport de Charleroi, suite à cette annonce.

Une réaction à l’annonce du rachat du site de Caterpillar par la Région wallonne ?

C’est une bonne nouvelle. La priorité est évidemment de traiter le volet social de cette restructuration. C’est une bonne chose de pouvoir désormais disposer d’un terrain aussi bien situé au niveau stratégique et qui sera propice à de futurs développements économiques.

C’est aussi la démonstration que le pouvoir politique a encore une marge de manœuvre face aux multinationales ?

Il faut saluer l’action du gouvernement wallon dans ce dossier. Je suis bien placé pour dire que si on n’avait pas eu le public à l’aéroport de Charleroi, on ne serait pas là où on est. Le politique a joué son rôle : il a annoncé dès le départ qu’il ferait le maximum. Je suppose qu’il a pu négocier avec Caterpillar un divorce qui se passe le mieux possible pour pouvoir recréer quelque chose. On ne peut pas tout jeter sur Caterpillar : pendant 50 ans, cette entreprise a offert de l’emploi dans la région. Maintenant, elle s’en va. C’est triste mais c’est le problème des multinationales. Si Caterpillar cède pour 1 euro symbolique le terrain et s’engage à bloquer un montant pour couvrir les coûts de la dépollution du site, cela permet maintenant de pouvoir repartir du bon pied et attirer à nouveau, dans les meilleures conditions, des investisseurs.

Concrètement, l’aéroport de Charleroi pourrait-il s’étendre sur ce site ?

Le développement principal de l’aéroport de Charleroi, c’est autour de sa piste qu’il se réalisera. Mais le site de Caterpillar n’est pas en bordure de piste. Le redéploiement économique du site passera donc plutôt par d’autres secteurs de développement qui sont très concernés par la logistique. D’autant plus que nous ne sommes pas un aéroport cargo et que nous n’avons pas le souhait de le devenir, à l’image de Liège. Mais la proximité du site et de l’aéroport sera une réelle plus-value pour les futurs investisseurs. Le redéploiement économique du site offrira donc une plus-value à l’aéroport.