Economie Hier, après l’échec des négociations avec la direction, un arrêt de travail a été organisé. Du jamais vu.

Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Deliveroo, il s’agit d’une société de livraison de repas à vélo. Concrètement, celle-ci met en lien des restaurants, des livreurs ou coursiers et les clients qui consomment les repas.

Si la collaboration entre les coursiers et Deliveroo s’est bien déroulée au départ (la société a débarqué chez nous en 2015), on constate depuis plus d’un an une dégradation de leurs conditions de travail qui engendre une grogne grandissante de leur côté.

Le pic de la contestation est arrivé à la fin de l’année 2017, lorsque Deliveroo a imposé aux livreurs une rémunération à la tâche, mettant fin à la collaboration avec l’intermédiaire SMart. À la suite de cette annonce, les coursiers ont adressé une liste de revendications à la direction de Deliveroo Belgique, exigeant une rencontre afin de négocier ces demandes.

Cette réunion avait lieu hier midi et, après une heure de discussion, il s’est avéré, selon les représentants des coursiers, qu’aucune de leurs revendications n’avait été acceptée par Deliveroo. "Nous avons donc proposé une solution intermédiaire, pour laquelle nous obtiendrons une réponse à 1 h."

Cette solution voulait que les coursiers disposent d’un délai supplémentaire avant de passer au nouveau statut. La collaboration avec SMart aurait perduré jusqu’au mois de mars, mais Deliveroo a finalement refusé d’accéder à cette demande, comme aux autres revendications des livreurs.

Mais ces revendications, quelles sont-elles ? Tout d’abord, les coursiers réclament un statut de salarié ou, en tout cas, le choix entre le statut d’employé via la SMart et celui d’indépendant payé à la tâche. Ensuite, les coursiers souhaitent la mise en place d’un comité de concertation qui servirait de relais entre la direction de Deliveroo et ses 1.500 livreurs. Aussi, ceux-ci demandent un salaire horaire minimum et enfin une transparence quant à l’attribution des shifts, à savoir les périodes de travail, limitées, attribuées à chaque livreur qui s’est inscrit sur la plateforme. Si les coursiers se sont montrés déçus de l’échec relatif de la négociation, ils étaient préparés à ce résultat.

C’est pourquoi une grève, prévue à 18h, a été maintenue. Selon nos dernières informations, les coursiers étaient en tout une cinquantaine, faisant de leur action un succès étant donné que chacun d’entre eux refusait systématiquement les commandes qu’il recevait.

Par ailleurs, les livreurs ont réussi à entraîner plusieurs restaurants dans leur action.

Vers 20h, sept établissements avaient été visités par le groupe, qui les a convaincus de se déconnecter de l’application pour les soutenir. Impossible du coup, pour les clients, de commander dans ces restaurants.