Economie La Cour constitutionnelle ayant validé jeudi la légalité de ce dispositif, celui-ci sera élargi à d’autres secteurs en janvier 2018.

Il s’agit d’éviter une vague de faillites dans le secteur Horeca à la suite de l’instauration de la black box, qui impose une main-d’œuvre totalement déclarée en permettant à des personnes travaillant déjà au minimum en 4/5e de venir faire quelques extras. Le salaire de ce travailleur flexible est ainsi exonéré de cotisations sociales et d’impôts, tandis que l’employeur ne paie qu’une cotisation patronale de 25 %. Une mesure qui porte un nom, le flexi-job, et qui a été mise en place par l’actuelle majorité fédérale afin de répondre également à la demande croissante de flexibilité des patrons belges. Contestés devant la justice par les syndicats en front commun, les flexi-jobs ont été jugés jeudi conformes par la Cour constitutionnelle.

Pour la FGTB, la CSC et la CGSLB, les flexi-jobs porteraient atteinte aux droits des travailleurs en introduisant différentes discriminations. Un travailleur concerné ne bénéficierait ainsi pas des mêmes conditions de travail et de rémunération qu’un autre travailleur sous contrat régulier exerçant la même fonction, sur le même lieu de travail. "Il nous paraît difficilement explicable que la Cour constitutionnelle estime que ce système est en conformité avec la Constitution", ont-ils d’ailleurs rapidement réagi.

La décision de la Cour constitutionnelle était d’autant plus attendue que le gouvernement de Charles Michel (MR) a prévu d’élargir le mécanisme en janvier prochain au commerce de détail. Seront ainsi concernés : les petits magasins indépendants, les boulangeries, les boucheries, les grandes entreprises de vente au détail, les supermarchés et les salons de coiffure. Les pensionnés pourront également bénéficier de ce nouveau régime.

Pour le gouvernement , les flexi-jobs sont un succès et il est hors de question de les remettre en cause. Reste que la mesure n’a pas encore séduit du côté des patrons francophones. L’ultra majorité de 28.000 flexi-jobers se trouve ainsi en Flandre. "C’est une mesure qui semble surtout répondre au marché de l’emploi flamand, qui est en situation de quasi plein emploi. Il faut déjà trouver des personnes en 4/5e minimum. Cela ne répond pas aux besoins des employeurs wallons ", indique Clarisse Ramaker, de l’Union des classes moyennes (UCM).

"On est plutôt favorable à la mesure, mais à Bruxelles, ce n’est pas si utilisé. On préférerait des réductions de charges sur les temps-plein", lâche Brussels Hotels Association, qui représente le secteur hôtelier bruxellois. De son côté, Comeos, la fédération qui représente les grandes enseignes, a rappelé jeudi son manque d’intérêt pour la mesure.

Philippe De Backer (Open VLD), secrétaire d’État à la Lutte contre la fraude sociale : "Les flexi-jobs connaissent un succès immense"

"À l’heure actuelle, nous percevons 15 millions d’euros de recettes ONSS sur les emplois qui n’existaient pas auparavant ou qui étaient payés au noir. Entre-temps, les flexi-jobs connaissent un succès immense et ce sont une des mesures les plus positives en faveur de l’emploi des années précédentes. Il y a déjà 28.000 flexi-jobs dans 7.300 établissements du secteur de l’horeca, qui travaillent en moyenne 4 heures par semaine et gagnent 11,6 euros nets par heure. Pour cette raison, nous élargissons le système vers le commerce de détail et les pensionnés."