Economie

N’ayant reçu aucune réponse à leur lettre de revendications et l’ultimatum de la semaine dernière, les représentants des pilotes de 60 bases européennes de Ryanair, dont Charleroi et Zaventem, ont envoyé une nouvelle missive à leurs dirigeants mercredi soir. 

“Via cette lettre, nous avions l’intention d’être constructifs le plus rapidement possible afin d’aider à résoudre les problèmes causés aux passagers”, explique le document dont nos confrères de La Libre Belgique ont eu copie. "Malheureusement, vous ne nous avez pas répondu et les passagers continuent d’être perturbés par les annulations de vols”. Mercredi, Ryanair a ainsi annoncé la suppression de 18000 nouveaux vols jusqu’à mars prochain.

Nous vous demandons de respecter les désirs des pilotes de déterminer eux-mêmes la manière dont ils veulent être représentés”, poursuit le document.

"Nous rappelons également à M. O’Leary en particulier (NdlR : le CEO de Ryanair) qu’il n’a pas de mandat pour parler en notre nom”. Le patron de Ryanair avait ainsi affirmé que ses pilotes n’étaient pas intéressés par l’affiliation à des syndicats. “Nous sommes heureux de parler en notre propre nom et nous attendons de notre compagnie un respect essentiel qui est celui de nous écouter".

Les pilotes se disent "déçus" par la manière dont M. O’Leary les a traités dans la presse récemment. Le patron irlandais avait notamment affirmé que le métier de pilote n’était pas fatigant et que ces derniers étaient imbus de leur personne. “Le respect des passagers, et maintenant le respect des pilotes, est au cœur de notre difficulté actuelle. En continuant de manquer de respect à l’égard des passagers et des pilotes, le management de la compagnie n’aidera pas à résoudre les problèmes partagés du moment”. Ils rejettent également le nouveau bonus de 10 000 euros (en plus des 12000 euros déjà rejetés) proposés à certains pilotes de grandes bases de Ryanair, comme Dublin ou Londres Stansted, afin qu’ils renoncent à une partie de leurs congés. “Nous n’accepterons pas cette approche historique de la compagnie de diviser les pilotes. Nous parlerons d’une voix et demandons au management de respecter notre indépendance"

Les pilotes, qui affirment ne "pas être des ennemis de la compagnie", exigent enfin une "nouvelle attitude" et un "nouvel état d’esprit" de management que “ceux qui ont créé les problèmes actuels”. Ils demandent une réponse “urgente” à cette nouvelle lettre et rappellent leurs revendications, dont celles d’avoir un contrat du pays dans lequel ils opèrent, et non plus irlandais, d’ici le 1er janvier 2018.