Economie Attendez-vous à un rebond des valeurs européennes, après le coup de stress Le Pen.

Les marchés boursiers européens sont résolument dans le vert depuis le début de l’année. " Cela va mieux en Europe", souligne Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam.

Et la situation pourrait encore aller mieux. "L es actions européennes sont les moins chères dans le monde. Cette sous-performance s’explique par l’incertitude politique ."

Les marchés européens souffrent encore des craintes des grands investisseurs internationaux, qui tardent à revenir sur le marché en raison de leurs craintes sur l’évolution politique du Vieux Continent.

La montée du populisme en Europe et la victoire annoncée de Le Pen au 1er tour de la présidentielle française ont de quoi inquiéter.

"Je m’attends à un peu de stress sur les marchés si Marine Le Pen l’emporte largement au premier tour", poursuit Nicolas Forest, qui table donc sur de la volatilité entre les deux tours. "Cela serait une très belle opportunité d’entrée pour l’investisseur."

Une victoire finale de Marine Le Pen secouerait durablement les marchés et en constituerait d’ailleurs "un risque majeur systémique".

Ce n’est toutefois pas le scénario retenu par Candriam : le prochain président de la République sera soit Emmanuel Macron, soit François Fillon. "Tous deux garantissent la place de la France dans l’Europe", souligne Nicolas Forest, même si l’ancien ministre de l’Économie est clairement le plus pro-européen des deux.

La victoire de l’un ou de l’autre retirera une épine du pied des investisseurs. "Il n’y a aucune raison que les actions ne remontent pas."

L’Allemagne aura également un grand rendez-vous électoral en septembre. Le contexte est différent : aucun parti anti-européen comme le FN n’est en tête des sondages.

Une victoire du social-démocrate Martin Schultz aurait un impact plus positif pour les investisseurs que la reconduction d’Angela Merkel au poste de chancelier. Il acceptera un peu plus de déficit, ce qui sera bon pour la croissance européenne et donc les marchés.

L’Europe reste donc le maître achat pour les marchés d’actions européens.

L’approche est plus nuancée pour les États-Unis, où l’envolée de la Bourse a été assez spectaculaire depuis l’élection de Donald Trump. "D onald Trump a permis de prolonger le cycle de croissance. Il faut maintenant autre chose pour continuer à le soutenir", souligne le responsable de la gestion obligataire chez Candriam. La réforme fiscale promise " devrait être assez positive pour les actions, même s’il faudra connaître tous les détails du plan ". D’ici là, "prendre du profit n’est pas idiot".