Economie

Le ministre wallon de l’Economie est optimiste pour le futur de l’économie wallonne

NAMUR Annonces de licenciements à tour de bras, morosité économique, comment se porte la Wallonie? Nous avons posé la question au ministre wallon qui en a la charge, Jean-Claude Marcourt (PS).

L’économie wallonne est un peu morose en ce moment. Vous partagez le même constat ?

“La situation économique de la Wallonie est contrastée. Il est clair que les secteurs industriels traditionnels souffrent mais il n’y a pas qu’en Belgique. Il y a quand même des secteurs qui se portent bien comme la pharmacie et les technologies de l’information et de la communication. Mais c’est vrai que des décisions majeures comme celle prise par Arcelor, ça touche de manière sombre l’économie wallonne qui résiste quand même, mieux que d’autres régions en Europe.”

Lorsqu’on est ministre de l’Economie et liégeois, est-il facile de prendre du recul face à un drame social comme celui d’Arcelor-Mittal ?

“C’est indispensable de ne pas se laisser submerger par tout l’affect que l’on peut avoir.”

On vous a quand même senti ému le jour de l’annonce ?

“J’ai toujours vécu dans le bassin sidérurgique. Quand j’étais enfant et que le soir, je voyais la pollution crachée par les hauts fourneaux, les couleurs étaient magnifiques, c’était fascinant. Mais si on veut trouver une solution il faut garder son sang-froid. Derrière les statistiques, il y a des hommes, des femmes et des enfants qui se demandent de quoi leur avenir sera fait, d’autant que cette décision est injuste.”

La task force qui doit se pencher sur cette question a-t-elle une réelle utilité ? Ce n’est pas de la poudre aux yeux ?

“Oui, elle a une réelle utilité. C’est un signe fort du gouvernement fédéral qui précise que le problème n’est pas seulement wallon. Nous avons eu des contacts avec la commission européenne et nous avons pu fédérer le Grand-duché de Luxembourg et la France, c’est très important. Et même si les déclarations du commissaire européen sur ce sujet n’ont qu’une portée symbolique, on se rend compte que l’Union européenne ne lâchera pas l’acier. C’est un désaveu de la stratégie du groupe Mittal.”

On a pourtant l’impression qu’il faut oublier les grandes industries dans nos régions ?

“Non, les grandes industries se modifient. L’Union européenne vient de lancer un programme de soutien à l’industrie. Elle veut la défendre. Ceux qui pensaient que l’Europe allait devenir une grande société de services qui allait importer les biens de consommation se trompaient. D’ailleurs il serait étonnant que l’Europe laisse disparaître une industrie qui est une des moins polluantes et une des plus soucieuses de ses travailleurs.”


© La Dernière Heure 2013