Economie Les actions belges vont reprendre des couleurs l'an prochain, estiment les analystes de Fortis Banque

BRUXELLES Les années de vaches maigres ne seront-elles plus, bientôt, qu'un mauvais souvenir pour la Bourse de Bruxelles? Voilà déjà trois ans, en effet, que l'indice Bel20 - qui regroupe les vingt principales capitalisations boursières de la place bruxelloise - a perdu de sa superbe. Les causes sont connues: l'avènement de l'euro a permis aux investisseurs belges de pouvoir acquérir sans risque de change des valeurs de la zone euro. Les actions belges avaient trinqué, leur revente permettant ce mouvement d'achat non compensé par un intérêt accru de l'étranger pour les valeurs du plat pays. L'engouement pour la nouvelle économie avait ensuite renforcé ce départ des investisseurs vers des horizons apparemment plus prometteurs. Sur les deux dernières années, le recul du Bel20 est de plus de 20%. C'est n'est encore rien par rapport à sa performance du 21 septembre dernier. "CE jour-là, le BEL 20 atteignit son niveau le plus en affichant un recul de 23% par rapport au dernier cours de 2000. Le Bel20 n'avait plus été aussi bas depuis le 14 novembre 1997", constatent les analystes du Fortis Banque. Mais les choses devraient s'améliorer dans les mois à venir. Le Bel20 a déjà repris des couleurs cette année, ou plutôt à fait moins mal que d'autres. "En 2001, le Bel20 a fait mieux que l'indice Euro Stoxx 50", qui reprend les cinquante principales capitalisations européennes, souligne Luc Van der Elst, Head of Equity Research Belgium. Le Bel20 a en fait profité de ses faiblesses passées, étant épargné par le mouvement de désengagement envers les valeurs TMT. "Le caractère défensif du Bel20 explique cela. Les valeurs bancaires et Electrabel représentent 60% de l'indice. Si l'on y ajoute les valeurs Delhaize, GIB et Interbrew, nous arrivons à 80%. Les quatre valeurs technologiques représentent une capitalisation négligeable de 3%".

La bourse de Bruxelles pourrait également bénéficier d'un regain d'intérêt des investisseurs en raison de sa sous-évaluation actuelle. La chasse aux bonnes affaires pourrait donc permettre à quelques valeurs phares de redresser la tête.

Calme plat

Sur l'année 2002, Luc Van der Elst prédit même une hausse de quelque 12% de l'indice phare de la Bourse de Bruxelles, fruit de la moyenne de hausse des cours attendue pour les vingt valeurs. "Nous prévoyons une assez belle croissance, même si elle ne sera pas spectaculaire". "Après une année difficile, les banques devraient connaître un phénomène de rattrapage. L'augmentation de leurs bénéfices devrait accroître leur performance boursière". Reste à voir ce retour en grâce ne sera pas battu en brèche par la revente d'importants volumes d'actions belges détenues par les fonds d'épargne pension. Quelque 60% de ces fonds sont obligatoirement investis dans des valeurs belges, une mesure qui est dans le collimateur des autorités européennes. "Aucune date n'est prévue pour la libéralisation", note le Head of Equity Research Belgium. "Le cours des actions belges est tellement bas qu'il est peut-être préférable d'attendre avant de vendre et d'investir l'argent frais dans les valeurs non-belges". Reste que le calme plat devrait à nouveau régner sur le plan des introductions en bourse. "Un effondrement de l'activité" a déjà été noté en 2000, rappelle Paul Lippevelt, Executive Director Corporate Finance & Capital Markets. La baisse a été de 97% cette année - 228,1 millions de capitaux frais levés - soit le plus mauvais résultat de mémoire d'analyste.