Economie Ils voient leur chiffre d’affaires chuter et parlent de concurrence déloyale.

"On peut confirmer qu’une enquête est ouverte", indiquait mercredi le substitut Denis Goeman, porte-parole du parquet de Bruxelles. Selon nos informations, la Fédération des Cafés de Belgique, en abrégé Fedcaf, a déposé plainte et est constituée partie civile chez le juge d’instruction, pour infractions présumées à diverses dispositions de la loi du 7 mai 1999 et de l’arrêté royal du 22 décembre 2010 relatifs à la protection des joueurs, les établissements de jeux et les jeux de hasard.

L’enquête pénale qu’évoque le parquet porte sur la problématique des machines à sous de jeux de paris sportifs virtuels. Si la Fedcaf a déposé plainte à charge d’inconnu, un seul opérateur en Belgique exploite dans son réseau d’agences - plusieurs centaines - ces jeux appelés BTG.

Contacté, l’avocat Hans Van De Cauter, qui défend Fedcaf, confirme le dépôt de plainte avec constitution de partie civile chez le juge Vermeulen.

La plainte a un caractère pénal, indique Me Van De Cauter, la loi sur la protection des joueurs prévoyant (pour qui exploite sans licence un jeu de hasard) de 6 mois à 5 ans d’emprisonnement et jusqu’à 650.000 € d’amende (par infraction constatée).

C’est la folie chez ceux qui ont grandi avec les jeux sur console vidéo. Le sport virtuel consiste à parier sur des résultats de courses (hippiques, lévriers…) ou de matchs (foot, volley, basket, rugby…) fictifs. Style Corée du Nord-Belgique, avec des résultats déterminés par le logiciel du fournisseur.

En l’état actuel de la législation, ce serait illégal depuis, au moins, le 1er juillet dernier, le seul opérateur les exploitant ayant déjà bénéficié d’une période grise depuis le 1er janvier 2016.

Cet été, Rocoluc, un opérateur de salles de jeux en ligne et offline, a déjà obtenu gain de cause quand le tribunal de 1re instance de Bruxelles a condamné le ministre de la Justice à faire cesser la situation chez l’opérateur qui persiste et, à défaut, à payer à Rocoluc 10.000 euros d’astreinte civile par jour de retard, soit 500.000 euros.

Cette fois, Fedcaf place le débat au judiciaire. "Mes clients ( Fedcaf, les cafés membres de la fédération) voient leur chiffre d’affaires dégringoler. Le chiffre d’affaires (de 35 millions, selon une estimation) se déplace vers un opérateur dont nous estimons qu’il ne respecte pas les règles. L’objectif de la plainte, c’est de faire cesser une situation discriminatoire et d’obtenir la poursuite des responsables devant la justice pénale" , indique Me Hans Van De Cauter.

Contacté, l’opérateur en question n’a pas répondu.

Pour rappel : s’il est le seul en Belgique, il n’est pas identifié dans la plainte de Fedcaf. Dans un entretien datant de quelques semaines, son marketing manager s’était montré rassurant. Il indiquait disposer des autorisations de la Commission des Jeux. Il n’était pas question de cesser l’activité.