Economie

Le projet de budget concocté par le gouvernement fédéral continue de susciter des interrogations du côté de l’opposition. Plus particulièrement la dernière phrase de la note d’orientation politique du ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA). Pour rappel, celle-ci spécifie que “les dépenses fiscales non liées au travail ne seront pas indexées”.

Le député fédéral Georges Gilkinet (Ecolo) en a conclu que certains chômeurs, pensionnés, prépensionnés et invalides paieront plus d’impôts. Comme les travailleurs salariés, ces différentes catégories de la population peuvent déduire fiscalement un montant forfaitaire de leurs revenus. Or, selon l’analyse de Georges Gilkinet, ce sont ces revenus qui pourraient être visés par la non-indexation des dépenses fiscales non liées au travail.

“1,6 million de personnes, au minimum, sont concernées, explique le député fédéral, qui a sorti sa calculette pour évaluer le coût annuel de cette mesure en 2 018. Pour les pensionnés, prépensionnés et demandeurs d’emploi indemnisés, la perte annuelle sera de 119 euros en 2018. Pour les malades et invalides, la perte annuelle sera de 153 euros en 2018.” Précisons que les pertes précitées sont maximales car elles sont évaluées sur base du montant maximal de la réduction d’impôt. En outre, selon le député fédéral, cette perte financière s’appliquerait à chaque membre d’un ménage.

Si cette mesure voyait effectivement le jour, il est néanmoins probable qu’elle toucherait plus qu’1,6 million de personnes.

Des chiffres différents de ceux du Parti socialiste

Il y a deux semaines, le PS avait aussi évalué l’impact sur le pouvoir d’achat des mesures en discussion au sein du gouvernement fédéral. Le principal parti d’opposition est arrivé à la conclusion qu’un salarié gagnant 1 900 euros nets par mois allait perdre 336 euros par an. Ce calcul, très critiqué par le MR et la N-VA, a tenu compte des pertes liées au saut d’index et à la hausse des taxes sur la consommation (TVA, accises…) ainsi que du gain lié à l’augmentation des déductions fiscales forfaitaires. Mais le calcul du Parti socialiste n’a pas tenu compte de la non-indexation des dépenses fiscales non liées au travail. C’est précisément ce qu’a tenté d’évaluer Georges Gilkinet.

Précisons que les projets du ministre des Finances ne sont pas encore très clairs. Du côté de son cabinet, il est impossible de recueillir plus d’informations sur les réductions fiscales qui ne seront pas indexées. En commission des Finances du Parlement, cette question a été soulevée par de nombreux députés dont Ahmed Laaouej (PS), Marco Van Hees (PTB) et Georges Gilkinet (Ecolo). Faute de temps, les réponses du ministre ont été reportées à ce mercredi.