Economie Suite à un conseil d'entreprise "difficile" qui s'est tenu mardi entre les syndicats et la direction de Carrefour, des assemblées du personnel se déroulent ce matin dans les magasins du groupe. 

La CNE annonce que les hypermarchés de Belle-Ile (Liège) et Haine-Saint-Pierre sont en grève. Ceux de Berchem et Augerghem sont ouverts au public mais leur personnel observe un arrêt de travail. "Ce sont les managers qui tiennent les caisses", indique Manuel Gonzalez, permanent CNE. Le siège social de Carrefour Belgique à Evere est fermé. Le personnel du Carrefour de Drogenbos quitte les lieux.

Des arrêts de travail sont déjà prévus vendredi et samedi dans les hypers de Marche-en-Famenne et Soignies. D'autres magasins pourraient suivre le mouvement.

Ce qui a mis le feu aux poudres, c'est la volonté de la direction de Carrefour d'imposer la polyvalence à son personnel. Les syndicats veulent que cela se fasse sur une base volontaire, ce que semble accepter la direction mais pas sans conditions. "Elle veut des prérequis et on comprend qu'elle va décider qui sera volontaire", explique Manuel Gonzalez. La direction a proposé de constituer trois équipes de volontaires par magasins qui accompliront des tâches flexibles. Mais elle a fait savoir hier que ce ne serait qu'une mesure temporaire, jusqu'en juin 2020. "Dès le mois suivant, la polyvalence sera imposée à tout le personnel", signale le permanent CNE. Imbuvable pour le syndicat chrétien. "Je ne comprends pas la stratégie de la direction qui nous demande un accord là dessus alors qu'elle passera la polyvalence en force en 2020."

Les travailleurs, informés de cette nouvelle ce mercredi matin, semblent également rejeter cette intention puisqu'ils observent des arrêts de travail.

Le syndicat libéral n'est pas de cet avis. Pour le permanent Tom Van Droogenbroeck, "c'est une grosse ouverture et la première avancée dans les négociations. Sur base des propositions de la direction (qui comprennent l'octroi d'un contrat à durée indéterminée pour les volontaires), nous ferons en retour des contre-propositions et remarques pour clarifier les choses. Nous aimerions négocier l'imposition de la polyvalence en 2020 en dehors des discussions actuelles sur le plan social".