Economie

Dans une lettre adressée à ses pilotes, Ryanair leur fixe un ultimatum. S'ils ne votent pas en faveur des primes proposées d'ici la fin du mois d'octobre par la compagnie, ils risquent de ne rien avoir. La lettre est signée par Eddie Wilson, le chef du personnel, qui est surnommé le « Terminator » par beaucoup de ses employés. 

Ce dernier a repris les fonctions de Mick Hickey, le chef des opérations, qui a « tristement démissionné » , d'après les propres termes de M. Wilson. En fait, M. Hickey est pointé par certains comme l'un des responsables du chaos ayant entraîné l'annulation de plus de 20 000 vols de la compagnie irlandaise entre septembre et mars, par manque de pilotes disponibles.

Le chef du personnel revient sur les différentes propositions de la direction pour améliorer les conditions de travail des pilotes. Mais, d'entrée, il recale les deux demandes les plus importantes de son personnel: celles de bénéficier de contrats locaux (et non plus irlandais) et de pouvoir négocier à un niveau global par des représentants élus par les pilotes.

« Beaucoup de désinformations, alimentées par des pilotes de compagnies concurrentes, circulent auprès des pilotes de Ryanair et dans les médias sur la manière dont se passent les négociations », explique M. Wilson. "Ce n'est pas nouveau, mais une tentative de créer une sorte de syndicat a déjà existé en 2004 et 2012, et cela n'a jamais fonctionné. Nous ne rencontrerons aucun syndicat, ni cette soi-disant organisation qui s'appelle le comité représentatif européen des pilotes ». Le manager est clair : « ces accords ne peuvent être acceptés qu'entre Ryanair et ses représentants de chaque base » ( NDLR : système mis en place par la compagnie irlandaise dans ses 87 bases européennes) ». « Il n'y a pas d'autre mécanisme ».

Dès le 1er novembre, M. Wilson propose une augmentation de salaire annuel allant jusqu'à 22 000 euros (bruts) pour les commandants de bord et 11 000 euros (bruts) pour les copilotes, en précisant que tous les pilotes ne recevront pas le même montant en fonction des bases. « Les compagnies multinationales n'acceptent pas un paiement centralisé à travers 30 pays européens. Les gens sont payés différemment à Dublin qu'ils ne le sont à Athènes ». Après la carotte vient le bâton. « Si vous n'acceptez pas cette proposition avant la fin du mois d'octobre, ces paiements pourraient être retardés à l'année prochaine ou ne pas être accordés du tout . »

Une pilote sort de l'ombre et écrit à O'Leary

Par ailleurs, une pilote est enfin sortie de l'ombre. Elle s'appelle Imelda Comer et est commandante de bord à Dublin depuis dix ans. Elle dit avoir été mandatée par le nouveau comité représentatif européen des pilotes pour entamer des négociations avec la direction. Dans une lettre adressée au patron de Ryanair, elle demande d'écouter les revendications des pilotes et que la direction accepte de reconnaître cette nouvelle organisation de représentation mise en place par les pilotes, sans que ses membres soient menacés de représailles. « La compagnie nous refuse le droit de nous engager dans un groupe collectif (…), explique-t-elle. Cette manière de faire n'est pas en ligne avec les pratiques normales des autres compagnies vers lesquelles de nombreux collègues sont partis ces derniers temps. (…) Votre vieux modèle nous a amené à nos difficultés actuelles. Répéter les erreurs du passé n'aidera personne à avancer pour trouver les solutions à nos difficultés actuelles », conclut-elle.