Economie

L'Union européenne réagira "d'une manière proportionnée" selon trois pistes à une éventuelle hausse des taxes sur les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis que prépare le président américain Donald Trump, dans le respect des règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), a affirmé mercredi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström. La Commission européenne a préparé une liste de produits américains sur lesquels des taxes pourraient être instaurées, comme le beurre de cacahuète, le jus d'orange, les airelles et le bourbon américains, a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Une liste provisoire est en discussion" et sera "bientôt rendue publique", a ajouté Mme Malmström, tout en disant encore espérer "convaincre l'administration américaine que ce n'est pas une bonne mesure".

"Mais nous avons clairement signifié que si une mesure comme celle-là était prise, elle mettrait des milliers d'emplois européens en danger et elle recevra une réponse ferme et proportionnée", a-t-elle dit.

"Il y a sur cette liste des produits en acier, industriels et agricoles. Certains types de bourbon en font partie ainsi que d'autres articles comme le beurre de cacahuète, les airelles et le jus d'orange", a précisé Mme Malmström.

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait déjà indiqué la semaine dernière que des entreprises emblématiques comme Harley-Davidson et Levi's, ainsi que le bourbon américain, étaient dans le viseur de l'exécutif européen.

Elle a assuré que la riposte européenne à une éventuelle décision américaine "purement protectionniste" sera conforme aux règles de l'OMC, devant laquelle l'UE est prête à porter ce différend commercial avec des "alliés" qu'elle n'a pas nommés.

L'UE menace de taxer les produits de cette liste dans le cadre de mesures dites de "rééquilibrage", qui compenseraient en valeur le dommage subi par d'éventuelles taxes américaines sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%) annoncées par M. Trump la semaine dernière.

Il s'agirait de cibler des produits américains spécifiques pour envoyer un message politique au président américain, par exemple en visant des sociétés dans les États qui lui sont le plus favorables.

Cette réponse mettrait environ trois mois à devenir effective.

L'idée de la Commission est de maximiser l'impact politique aux Etats-Unis de ces mesures de rétorsion, tout en minimisant ses effets sur les consommateurs européens.

Dans les faits, la liste de produits sur laquelle travaille l'UE ne mentionne pas d'entreprises, mais utilise une nomenclature douanière plus générale - type "pantalons, de travail, de coton, pour hommes".

Discutée avec les États membres, la liste devait être présentée mercredi au Collège des commissaires européens.