Economie La direction et les syndicats ont négocié mercredi et pourraient arriver à boucler leurs discussions sociales jeudi soir.

On s’achemine vers une clôture de la procédure Renault en cours au sein de l’enseigne Mestdagh. Le groupe basé à Gosselies, en difficulté financière, va opérer une restructuration, avec la suppression de 340 emplois mais sans fermetures de magasins. Après plusieurs mois de négociations - émaillés de quelques actions de grève générale quand elles étaient dans l’impasse et de l’intervention fin octobre d’un conciliateur social -, la direction et les syndicats devraient parvenir à un accord définitif jeudi, évoque le syndicat chrétien.

L es deux parties se sont vues mercredi après-midi et ont donc prévu de se revoir jeudi, "en espérant boucler les discussions", annonce Danny Dubois, permanent CNE.

La réunion a servi à survoler les textes préparés par la direction demandant la reconnaissance du statut d’entreprise en restructuration, afin d’obtenir du ministre fédéral de l’Emploi le régime de chômage avec complément d’entreprise (RCC) pour le personnel âgé de 56 ans et plus. Le plan social de Mestdagh repose en effet très largement sur le RCC à 56 ans, auquel s’ajouteront si besoin des départs volontaires. Et il faut faire vite pour rentrer ces documents puisque le gouvernement a modifié la loi sur les RCC et durci les conditions d’accès. Dès 2019, l’âge le plus bas de départ autorisé sera de 59 ans.

Les départs du personnel de Mestdagh se feront en trois vagues : en mars, juin et septembre. C’est également aux mêmes moments que sera implémentée la polyvalence au travail. Cette exigence de la direction avait beaucoup crispé les syndicats car ils voulaient qu’elle soit organisée correctement. Ils ont obtenu des formations à cette future nouvelle organisation du travail et une stabilité dans les horaires pour le personnel. "Par contre, nous n’avons pas encore d’accord sur la compensation financière, la prime à la polyvalence, et c’est le nœud du problème", signale Danny Dubois.

Ouverture dominicale sur base presque entièrement volontaire

À l’avenir, les 52 supermarchés Mestdagh exploités en propre pourront ouvrir le dimanche, sur base volontaire pour les employés. Pour les managers aussi, mais à une exception près, a priori. "Dans les magasins où aucun responsable ne veut ouvrir le dimanche, la direction veut qu’ils le fassent tout de même, chacun à leur tour et avec une compensation", précise le permanent du syndicat chrétien.

Il reste donc "des questions en suspens" et du travail à accomplir jeudi. Si la réunion connaît une conclusion positive, les prochaines rencontres serviront à signer l’accord social, la convention collective de travail et la demande de RCC.

Le groupe Mestdagh prévoit d’investir 21,2 millions d’euros dans la relance commerciale de ses supermarchés. L’enseigne compte miser sur les produits frais, locaux et bio, adapter ses rayons boucherie-traiteur et boulangerie "pour qu’ils répondent mieux à l’évolution de la demande". Enfin, l’accent sera également mis sur la distribution digitale.