Economie

Le directeur général de Ryanair, Michael O'Leary, a reconnu jeudi que de nouvelles annulations de vols étaient possibles mais assuré qu'il travaillait à résoudre avec ses pilotes le problème du planning de vacances pour éviter de décrédibiliser davantage sa compagnie.

Devant l'assemblée générale de ses actionnaires, M. O'Leary a "dit qu'il ne pouvait pas garantir qu'il n'y aurait pas de nouvelles annulations", liées à "la météo ou aux grèves des contrôleurs aériens", mais assuré "qu'il n'y aurait pas de nouvelles annulations liées au problème de planning", a expliqué à l'AFP un porte-parole du groupe.

La direction de Ryanair cherche à convaincre certains pilotes de retarder une partie de leurs vacances, ses plannings étant encore sous tension, a aussi expliqué le PDG devant les journalistes.

"On demande juste au personnel d'éviter de prendre un bloc de quatre semaines de vacances, mais plutôt un bloc de trois semaines et cinq jours de plus une autre fois", a expliqué jeudi M. O'Leary lors d'une conférence de presse après l'assemblée générale des actionnaires.

Ryanair avait annoncé vendredi, de façon inopinée, l'annulation de 40 à 50 vols par jour entre la mi-septembre et la fin octobre, en évoquant des problèmes météorologiques et la grève des contrôleurs aériens en France, mais aussi, et surtout, reconnu un souci avec son planning de vacances des pilotes: nombre d'entre eux ont besoin de souffler après un été intensif.

La compagnie, qui a perdu une centaine de pilotes cette année, partis chez sa concurrente Norwegian Air, vient par ailleurs d'embaucher 125 pilotes supplémentaires.

Lundi, M. O'Leary avait concédé que le groupe s'était "planté sur les tableaux de service".

L'entreprise essaie parfois aussi de pousser ses pilotes à renoncer à des jours de congés en échange d'une prime: elle a proposé 12.000 euros aux commandants de bord et 6.000 euros aux copilotes qui y consentiraient, s'ils sont sous contrat au moins jusqu'à fin octobre 2018.

Les médias britanniques évoquaient même jeudi la possibilité de primes supplémentaires, en plus de ce "bonus", mais les négociations semblent jusqu'à présent difficiles.

La mauvaise réputation

Lunettes relevées, veste tombée et chemise rose décontractée, M. O'Leary a contesté devant les journalistes toute "démoralisation" de pilotes de sa compagnie, qualifiés "d'excellents".

Dans son style détendu mêlant piques et plaisanteries, il a assuré contrôler la situation tout en s'excusant encore pour la gêne occasionnée aux 315.000 passagers qui ont vu leur vol supprimé subrepticement.

L'annulation de 2.100 vols a pourtant provoqué la colère des usagers de la compagnie, la première d'Europe en nombre de passagers transportés. Nombre de clients se sont plaints d'être bloqués sur leur lieu de voyage sans possibilité de retour rapide, d'autres ont critiqué Ryanair pour n'avoir pas immédiatement publié la liste de l'ensemble des vols annulés - ce que la compagnie a finalement fait lundi soir.

Au final, la réputation de la compagnie est entachée, comme l'a reconnu M. O'Leary, alors que Ryanair a pris il y a quelques années un virage stratégique pour, justement, mieux prendre en compte les désirs de ses clients.

Cette affaire, qui pourrait lui coûter 25 millions d'euros dans un premier temps, intervient dans une période déjà délicate pour Ryanair qui voudrait par ailleurs racheter une partie de la compagnie italienne en difficulté Alitalia. La compagnie irlandaise a subi en outre la semaine dernière un revers devant la Cour de justice européenne sur la question du droit du travail, tandis que le Brexit fait planer une incertitude sur ses plans de vol entre le Royaume-Uni et le continent à partir de 2019.

Malgré le chaos, les clients continuent à réserver

Malgré les soucis rencontrés par Ryanair avec les horaires de son personnel navigant et de ses près de 2.000 vols annulés en conséquence, les clients continuent à en réserver auprès de la compagnie aérienne irlandaise à bas coûts.

C'est en tout cas le constat qu'a fait son CEO Michael O'Leary lors de l'assemblée générale des actionnaires jeudi. L'excentrique patron en a tout de même profité pour réitérer ses excuses pour le chaos provoqué par toutes ces annulations. Celles-ci sont dues à une nombre élevé de travailleurs de Ryanair qui doivent encore prendre des jours de congé à la fin de la saison d'été. Mais aussi, sans doute, au fait qu'un nombre croissant de pilotes tournent le dos à l'entreprise car ils peuvent exercer leur métier à de meilleures conditions chez des concurrents de la société irlandaise.

Lors de l'assemblée générale des actionnaires, Michael O'Leary a assuré ceux-ci que Ryanair disposait de suffisamment de pilotes en service et que l'entreprise n'avait pas de mal à en trouver de nouveaux. Il a cependant confié que les salaires seraient revus à la hausse dans certaines bases de la compagnie, dont Dublin et Londres.