Economie

Le président de la Banque mondiale renonce à ses fonctions et met fin à la polémique

WASHINGTON Paul Wolfowitz, président de la Banque mondiale accusé d'avoir favorisé l'avancement de sa compagne, a accepté jeudi de renoncer à ses fonctions, qu'il quittera le 30 juin au terme d'une longue crise. "Les gens les plus pauvres au monde [...] méritent ce que nous pouvons faire de mieux. Il est maintenant nécessaire de trouver un moyen d'aller de l'avant", déclare-t-il dans un communiqué diffusé par le conseil d'administration de l'institution. Et d'ajouter : "J'annonce aujourd'hui que je vais démissionner de la présidence de la Banque mondiale".

Cette démission met fin à un tumultueux mandat de deux ans marqué par le passé de Wolfowitz au Pentagone et en particulier par son rôle moteur dans le recours à la force contre le régime de Saddam Hussein. Le président américain George Bush, qui souhaitait le voir rester à son poste, a accepté sa démission à contrecoeur, a fait savoir Tony Fratto, porte-parole de la Maison-Blanche, selon lequel un nouveau candidat serait désigné prochainement. La présidence de la Banque mondiale est traditionnellement dévolue à une personnalité américaine et Bush entend bien perpétuer cette tradition, a souligné un membre de l'équipe présidentielle. Affirmant ne pas avoir à porter seul la responsabilité des faits qui lui sont reprochés, Wolfowitz a résisté jusqu'au bout aux appels à la démission. Il dit avoir suivi les recommandations du comité d'éthique en favorisant l'avancement de sa compagne Shaha Riza, experte du Proche-Orient auprès de la Banque mondiale. Dans un communiqué de jeudi, il se félicite que le conseil d'administration reconnaisse qu'il a agi de bonne foi, sans déroger à l'éthique de l'institution. "Le contrat de M. Wolfowitz, exigeant qu'il adhère au code de conduite pour les membres du conseil et qu'il évite tout conflit d'intérêt, réel ou apparent, a été violé", avait pourtant conclu une commission ad hoc dont le rapport a été remis lundi. Les appels à la démission se sont faits de plus en plus insistants, après la publication de ce rapport, notamment de la part de l'Allemagne où Wolfowitz devait assister ce week-end à un Conseil des ministres des Finances du G8, dont les États membres sont les premiers contributeurs de la Banque mondiale.



© La Dernière Heure 2007