Faits divers Un quart des accidents de moto ont lieux alors que le motard est seul sur la route.

wLe week-end passé, un accident d’une extrême violence a coûté la vie à un motard et un jeune garçon. La météo étant clémente, les deux-roues sont de retour sur l’asphalte belge. L’occasion pour l’IBSR de livrer les résultats des dernières analyses sur ce mode de déplacement.

En moyenne, chaque année, 3.600 accidents se produisent, soit une dizaine par jour. Ce total est impressionnant. Pourtant, en l’espace de dix années, le nombre d’accidents a baissé de 25 %. En parallèle, le nombre d’immatriculations a augmenté de 30 % pendant ce même laps de temps. La Belgique compte donc 420.000 motos sur ses routes.

La moto reste le mode de déplacement le plus dangereux. On recense plus de 26 motards tués par 1.000 accidents corporels contre 8 cyclistes, 11 automobilistes et 22 piétons. L’absence d’habitacle combinée à la vitesse accentue évidemment la gravité des accidents.

Fait notable, les accidents de moto sont plus graves en Wallonie qu’en Flandre. Ainsi, un tiers des accidents de moto ont lieu en Wallonie, mais on y enregistre la moitié des motards tués.

À l’inverse, 52 % des accidents de moto se produisent en Flandre, mais on n’y dénombre que 45 % des tués. 16 % des accidents et 4 % des tués sont recensés en Région de Bruxelles-Capitale.

Dans plus d’un cas sur quatre, l’accident de moto se produit alors que le motard est seul et qu’aucun autre véhicule n’est impliqué. À titre de comparaison, moins d’un accident de voiture sur cinq est une collision avec un seul usager.

Le cas le plus fréquent d’accident, c’est la perte de contrôle, à cause de la vitesse excessive, la conduite sous l’influence de l’alcool et le manque d’expérience.

Les premiers week-ends d’avril sont généralement les plus mortels pour les pilotes. Jacqueline Galant (MR), ministre fédérale de la Mobilité, rappelle : "À l’approche des journées propices aux longues balades, je conseille aux motards de s’assurer que leur véhicule est en ordre sur le plan technique et, pourquoi pas, de suivre un cours pratique de remise à niveau pour raviver les bons réflexes". Encore faut-il en avoir les moyens.

Deux populations sont particulièrement à risque: les jeunes entre 24 et 29 ans et les motards ayant entre 50 et 54 ans. Pour les premiers, le manque d’expérience est à pointer.


Aucune restriction sur les bolides

Un motard a fauché un jeune garçon samedi dernier alors qu’il roulait à 170 km/h sur une route limitée à 70.

Cela pose la question de l’autorisation des motos de sport dont les performances n’ont rien à faire sur nos routes. Prenons les supersportives des grandes marques qui atteignent presque toutes une vitesse de pointe de 300 km/h ou plus. Elles passent de 0 à 100km/h en moins de trois secondes. Pourtant, les pilotes ont rarement le niveau de Xavier Siméon…

Mais impossible de limiter les performances de ces engins. En tout cas en Belgique. "C’est au niveau européen qu’il faudrait légiférer. Parce que si on bride les motos en Belgique, les motards les achèteront en France. Et puis, des voitures de sport comme les Porsche ont des performances comparables. Il faudrait les interdire aussi mais comme certains tronçons sont sans limitation en Allemagne, on ne peut pas le faire", explique Benoit Godart, porte-parole de l’IBSR.