Faits divers

L’Anderlechtois est la seule victime belge décédée dans les tours, le 11 septembre

NEW-YORK Un Anderlechtois à la conquête des Etats-Unis…

Patrice Braut travaillait à New York depuis 4 ans. Le 11 septembre 2001, sa route a été brutalement interrompue. L’homme, apprécié de tous, a laissé beaucoup de gens en peine. Notamment ses parents, Paola et Michel, qui ont accepté, malgré la douleur, de parler de leur enfant chéri. “Nous ne sommes pas ménagés cette année” , nous a confié la maman de Patrice. “C’est éprouvant, bien que nous vivions dans la douleur depuis 10 ans. Le chagrin n’a pas d’âge…”

Après des études en science-économiques à l’ULB, Patrice Braut décroche un stage de trois mois chez Marsh&Mc Lennan, qui s’est transformé en engagement pour une année et en bail à plus long terme par la suite. “Pas beaucoup de monde refuserait ce genre de proposition” , souligne Patricia. “Il faut avoir des tripes, du courage pour partir; il vivait son rêve américain” , enchérit Michel.

Malgré les six heures de décalage horaire, Patrice Braut était resté très proche des siens. “C’était le petit prince de la famille” , se remémore Paola. “Quand il nous appelait, même si c’était la nuit en Belgique, cela pouvait durer des heures.”

Le cadre de Marsh&Mc Lennan croquait dans Big Apple à pleines dents. “Patrice adorait New York” , assure Paola. “Nous avons bien entendu été le voir. La dernière fois, c’était en 2000. Avais-je senti une menace ? Toujours est-il que je lui avais dit de bien faire attention à lui…”

Le 11 septembre 2001, Patrice Braut pointe à la Tour Nord et rejoint son bureau situé au 97e étage. L’avion a touché l’immeuble au 94e étage. “Tout s’ouvrait à lui” , soupire Michel. “Il n’avait que 31 ans. Et dire qu’il est mort dans des conditions pareilles..”

Malgré les recherches, aucune trace de Patrice Braut n’a été retrouvée. De quoi contribuer à l’immense douleur des parents. “Nous n’avions pas imaginé notre vie pour la terminer seuls” , sanglote Paola.

Les parents de Patrice Braut ne crient pourtant pas à la vengeance. “Nous n’éprouvons pas de haine” , dit Paola. “Cela n’amène rien.”

Et le papa de dire : “Nous sommes bien sûr submergés par la souffrance mais arrivons à faire la distinction entre religion et intégrisme. Nous aurions préféré que Ben Laden soit jugé. Un procès aurait apporté un sentiment de justice. Ben Laden aurait pu méditer sur ses actes. Là, cela a été un peu rapide, trop radical. La maxime œil pour œil, dent pour dent : très peu pour nous.”



© La Dernière Heure 2011