Faits divers

L'avocat de l'accusé avait demandé au jury populaire de ne pas jeter son client aux oubliettes

BRUXELLES Coupable. Cela ne faisait aucun doute. Ezzine Jelassi ne pouvait pas ne pas être condamné pour avoir tué, lâchement, violemment, sa femme le 18 août 2005.

Les enfants, la petite fille surtout, avaient tout vu. Elle avait même du sang de sa maman sur ses jambes. Aujourd'hui encore, la jeune enfant est traumatisée par ce drame horrible.

Hier, Ezzine Jelassi a donc été fixé sur son sort. Un sort que lui ont réservé douze personnes, douze jurés. Le jury populaire, dans un premier temps, avait reconnu Jelassi coupable de meurtre sans préméditation à l'issue de sa première délibération sur la culpabilité.

Ensuite, le procureur général, M. Bernard Dauchot, avait entamé son réquisitoire sur la peine. "Je vous demande de prononcer une peine de 20 années de prison" , avait-il lancé à l'intention des douze jurés attentifs à ses propos.

Puis, la défense, assurée par les avocats Jan Fermon et Thomas Mitevoy, a tenté de renverser la vapeur.

"Il importe de retenir des circonstances atténuantes qui vous permettront de revoir cette peine à la baisse. Et cela a un sens. Il faut que cette peine de prison ait du sens pour l'accusé. Il faut qu'il quitte la prison en ayant la certitude qu'il retrouvera une place dans la société. Ce n'est pas correct de dire que les condamnés sortent au tiers de leur peine. Très rares sont les cas où cela se produit. Je vous demande de condamner notre client à une peine de prison, ne le condamnez pas aux oubliettes."

Pour son dernier mot, Jelassi a dit : "Je regrette. Je demande pardon à mes enfants, à ma belle-famille. Donnez-moi une dernière chance pour que je puisse rectifier mon erreur. Que Dieu me pardonne" .

Hier, Jelassi a été condamné à 18 ans de prison.



© La Dernière Heure 2007