Faits divers

L’un est mort et un second a dû être euthanasié sur place suite à un manque de soins

LESSINES Dix-neuf équidés en danger de mort imminente ont été saisis, jeudi matin, dans une exploitation d’Ogy, à Lessines, à la demande d’Animaux en Péril qui dénonce “le temps perdu depuis des mois “. Leur propriétaire, un certain Pascal Delcourt, avait déjà été contrôlé à plusieurs reprises sans beaucoup d’effets.

La saisie d’hier résulte d’une enquête menée lundi par l’Afsca et le service fédéral du Bien-être animalier à la suite de ces très nombreux appels lancés par l’asbl Animaux en Péril qui se battait depuis des semaines pour sauver ces animaux qui étaient en train de mourir dans des prairies. “On se bat depuis avril contre ce multirécidiviste. C’est une belle victoire mais ce n’est pas terminé car nous porterons l’affaire en justice pour obtenir que cet homme ne puisse à jamais plus détenir d’animaux,” dit Marie-Laurence Hamaide, d’Animaux en Péril.

Des 19 équidés qu’il fallait saisir, seuls 17 ont pu l’être. Depuis lundi, un est mort et un second a dû être euthanasié sur place. Il n’y avait aucun cheval à proprement parler; mais bien un âne et 16 shetlands et doubles poneys. Tous sont parasités et souffrent de la gourme et de cachexie (fonte musculaire massive) au stade ultime. La gourme chez l’équidé se traduit par l’écoulement d’un liquide purulent par la bouche et les nasaux.

La police a dressé P-V. Un dossier est ouvert au parquet de Tournai pour infractions à la loi d’août 1986 sur la protection et le bien-être animal. Animaux en Péril se constituera partie civile contre Pascal Delcourt. La loi de 1986 prévoit jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 5.000 € d’amende. Plusieurs dizaines d’autres équidés, dont l’état est à peine moins préoccupant, n’ont pas été saisis hier à Ogy au 4 rue des Sarts. Ils restent dans l’exploitation Delcourt, au profond regret du voisinage qui s’inquiète de leur sort.

Delcourt avait déjà été inquiété en 2009 alors qu’il détenait un troupeau de moutons dans des conditions identiques, enterrant les cadavres à la sauvette et faisant commerce des ovins survivants en les revendant, émaciés et mourants, à l’approche de l’Aïd et de l’abattage rituel.

L’Inspection vétérinaire était revenue à l’adresse en avril dernier mais, alors qu’une saisie générale de tous les chevaux s’imposait peut-être, elle s’était contentée d’en saisir trois. Après une amélioration en juin et en juillet, tout s’est à nouveau dégradé en août. Des chevaux sont morts de maltraitance, dans des souffrances. Aucun service n’a voulu intervenir à ce moment. Les photos qui ont convaincu la police, l’Afsca, l’Inspection vétérinaire fédérale et au final le parquet de Tournai à intervenir sont celles que nous publions : des photos de cadavres.

Le cheval vit jusqu’à 30 ans et plus. Tous ces chevaux morts de faim que vous voyez dans des prairies sans herbe étaient de jeunes chevaux.

© La Dernière Heure 2011